Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410242

jeudi 8 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2410242
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNDOYE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, ressortissant pakistanais, qui demandait qu’il soit enjoint au préfet du Val-d’Oise de lui délivrer une attestation de dépôt de demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas établie, le requérant n’ayant pas démontré le risque de perte d’emploi allégué et ayant lui-même contribué à la situation en ne sollicitant pas le renouvellement de son titre avant son expiration. La solution retenue est le rejet de l’ensemble des conclusions, y compris celles relatives aux frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Yao, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une attestation de dépôt de sa demande de titre de séjour ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il risque de perdre son emploi en contrat à durée indéterminée et qu'il a la charge de ses quatre enfants ;

- le retard de la préfecture dans le traitement de sa demande justifie l'utilité de la mesure sollicitée afin qu'il puisse conserver son emploi.

Par un courrier du 19 juillet 2024, la requête a été communiquée au préfet du Val-d'Oise qui n'a pas produit d'écritures en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Viain, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant pakistanais né le 14 novembre 1980, déclarant être entré en France le 20 mars 2010, a été mis en possession d'une carte de séjour pluriannuelle expirant le

12 avril 2023. Il a effectué une demande de titre de séjour le 2 novembre 2023, qui a été clôturée par les services de la préfecture. Par la requête susvisée, M. A demande au juge des référés statuant en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une attestation de dépôt de demande de titre de séjour.

2. Les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative prévoient que : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Pour justifier de l'urgence, au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il y aurait à se voir délivrer une attestation de dépôt de demande de titre de séjour, M. A se borne à faire valoir, sans l'établir, qu'il risque de perdre son emploi, ce qui ne lui permettrait plus de subvenir aux besoins de sa famille. S'il se plaint de l'inertie des services de la préfecture et du blocage de son compte sur le site de l'Administration numérique des étrangers en France, M. A a manqué de diligence en ne demandant pas le renouvellement de son précédent titre de séjour avant l'expiration de celui-ci et a lui-même contribué à la situation d'urgence dont il se prévaut. Dans ces conditions, M. A, qui ne saurait au demeurant demander au juge des référés d'enjoindre à la délivrance d'une attestation de dépôt de sa demande alors qu'il ne justifie pas de ce dépôt, n'établit pas que les circonstances de l'espèce impliqueraient que sa demande soit examinée prioritairement par rapport à celle d'autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation ou permettraient de caractériser une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Val-d'Oise

Fait à Cergy, le 8 août 2024.

Le juge des référés,

Signé

T. Viain

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N° 241014