Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410296
lundi 16 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2410296 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 15 juillet 2024, enregistrée au greffe du tribunal le 17 juillet 2024, la présidente de la 7ème chambre du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. B A.
Par cette requête, enregistrée le 8 juillet 2024 et des pièces complémentaires enregistrées le 26 juillet 2024, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an, en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Grenier, première vice-présidente, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Grenier, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique du 10 septembre 2024, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant algérien né le 1er avril 1983, est entré sur le territoire français en mars 2023 selon ses déclarations. M. A a été interpellé par les services de police, le 6 juillet 2024, pour des faits de conduite d'un véhicule sans permis. Par un arrêté du 6 juillet 2024, dont il demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé à l'issue de ce délai et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an, en l'informant de son signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen pendant la durée de cette interdiction.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces des dossiers, et en particulier des termes même de l'arrêté attaqué, que le préfet ne se serait pas livré à un examen particulier de la situation de M. A avant d'édicter l'arrêté du 6 juillet 2024. En outre, si l'intéressé fait valoir qu'il a l'intention de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant ait déposé une demande en ce sens auprès des services de la préfecture. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen sérieux de la situation de M. A doit être écarté.
3. En second lieu, M. A soutient résider en France depuis mars 2023 et travailler comme mécanicien dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée depuis le 2 mai 2024. Toutefois, eu égard à la durée et aux conditions irrégulières de son séjour en France, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation de M. A, qui ne fait, en tout état de cause, pas état de circonstances exceptionnelles. Par suite, ce moyen doit être écarté.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 6 juillet 2024 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 16 septembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
C. Grenier La greffière,
Signé
Z. Bouayyadi
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.