Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410345
jeudi 8 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2410345 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Arabov, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de la convoquer afin qu'elle puisse déposer une demande de renouvellement de titre de séjour avec changement du statut " étudiant " à celui de " salarié " et d'examiner son dossier, dans un délai de deux semaines suivant la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle ne peut pas travailler sans titre de séjour valide ;
- la mesure sollicitée lui permettrait de travailler en France ;
- le tribunal administratif de Cergy-Pontoise ayant jugé qu'aucune décision de rejet du préfet n'était née, aucune décision ne fait obstacle à l'injonction d'une mesure utile.
Par un courrier du 22 juillet 2024, la requête a été communiquée au préfet des
Hauts-de-Seine qui n'a pas produit d'écritures en défense.
Vu :
- l'ordonnance n°2408285 du tribunal de Cergy-Pontoise
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Viain, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante turkmène née le 21 août 1993, est entrée sur le territoire français en 2014 et a été mise en possession de plusieurs titres de séjour portant la mention " étudiant ", dont le dernier était valable jusqu'au 12 février 2023. Le 20 mars 2023, une décision favorable de renouvellement valable jusqu'au 12 février 2024 lui a été remise. L'intéressée a sollicité, le 7 février 2024, le renouvellement de son titre de séjour avec un changement de statut pour un titre de séjour portant la mention " salarié ". La préfecture des Hauts-de-Seine n'ayant pas donné suite à sa demande, par la requête susvisée,
Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de la convoquer afin qu'elle puisse déposer une demande de renouvellement de titre de séjour.
2. Les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative prévoient que : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
5. La requérante, qui établit bien avoir déposé une demande de titre de séjour portant la mention " salarié " par courrier recommandé du 7 février 2024 n° lA 213 783 1081 2, reçu par les services de la préfecture des Hauts-de-Seine le 9 février 2024, se prévaut, pour justifier de ce que la mesure sollicitée ne ferait obstacle à l'exécution d'aucune mesure administrative, de l'ordonnance n°2408285 du tribunal de Cergy-Pontoise, qui n'est au demeurant pas revêtue de l'autorité de la chose jugée et n'a pas le même objet que la présente ordonnance. Toutefois, pour justifier de l'utilité de la mesure demandée au juge des référés, Mme B se borne à produire des copies d'écran attestant, tout au plus, qu'elle n'a pas réussi à obtenir de rendez-vous entre le 25 janvier 2024 et le 5 février 2024, sans faire valoir qu'elle aurait rencontré d'autres difficultés que l'absence temporaire de créneaux pour déposer sa demande de titre de séjour. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'injonction de la requête susvisée doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquences, celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressé au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 8 août 2024.
Le juge des référés,
Signé
T. Viain
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.