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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2410383

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410383

mercredi 8 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2410383
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation11ème Chambre
Avocat requérantFOUCHARD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de Mme B... contestant le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français prise par le préfet du Val-d'Oise. Le tribunal a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne révélait aucun défaut d'examen de sa situation personnelle. Il a jugé que la requérante ne pouvait se prévaloir des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) relatif au titre "étudiant", faute d'avoir déposé une demande sur ce fondement. Enfin, le tribunal a considéré que le refus ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, au sens de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article L. 423-23 du CESEDA.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 juillet 2024, Mme A... B..., représentée par Me Aucher, puis Me Fouchard, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 21 juin 2024 par lequel le préfet du Val-d’Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de lui délivrer une carte de séjour temporaire, dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, pour la durée de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour assortie d’une autorisation de travail, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative.


Mme B... soutient que :
- l’arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d’un défaut d’examen de sa situation personnelle et de sa demande présentée sur le fondement de l’article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît l’article L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- il méconnaît l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ainsi que les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation.


Par un mémoire en défense enregistré le 16 septembre 2025, le préfet du Val-d’Oise conclut au rejet de la requête.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Bories, premier conseiller, a été entendu au cours de l’audience publique.

Considérant ce qui suit :
Mme B..., ressortissante de la République démocratique du Congo née le 24 août 2000, est entrée en France le 28 août 2016 sans visa selon ses déclarations. Elle a sollicité le 13 mai 2024 la délivrance d’une carte de séjour temporaire sur le fondement de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par un arrêté du 21 juin 2024, dont Mme B... demande l’annulation, le préfet du Val-d’Oise a rejeté sa demande, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
En premier lieu, l’arrêté attaqué comporte, en toutes ses décisions, l’énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il est ainsi suffisamment motivé, alors même qu’il ne présente pas une description exhaustive de la situation de la requérante. Cette motivation ne révèle en outre aucun défaut d’examen de sa situation personnelle et familiale. En outre, si Mme B... soutient que le préfet du Val-d’Oise aurait dû également examiner son droit au séjour au regard des dispositions de l’article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fondement de sa demande, elle n’établit par aucune pièce avoir présenté une demande de titre de séjour en qualité d’étudiante et ne produit, au demeurant, aucun certificat d’inscription. Par suite, le moyen doit être écarté.
En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que Mme B... ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l’article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatives aux conditions de délivrance d’un titre de séjour en qualité d’étudiant, étant précisé que la fiche de salle communiquée en défense fait état d’une demande uniquement fondée sur la vie privée et familiale de l’intéressée et que le préfet du Val-d’Oise n’était pas tenu d’examiner d’office son droit au séjour au regard de l’article L. 422-1 précité.
En troisième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ». Aux termes de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine (…) ».
Mme B... fait valoir qu’elle réside en France depuis 2016, qu’elle a obtenu un CAP en 2020 et un baccalauréat professionnel en 2023. Toutefois, l’ancienneté du séjour en France de l’intéressée, à la supposer établie, ne caractérise pas, à elle seule, une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. En outre, si elle fait valoir la présence en France de sa mère, titulaire d’une carte de résident, elle est célibataire et sans charge de famille, et n’établit pas être dépourvue d’attaches dans son pays d’origine. Enfin, et malgré l’obtention d’un CAP et d’un baccalauréat professionnel, les éléments qu’elle produit ne sont pas de nature à établir une insertion suffisante et pérenne au sein de la société française. Dans ces conditions, c’est sans méconnaître les textes précités et sans commettre d’erreur manifeste d’appréciation que le préfet du Val-d’Oise a pris l’arrêté attaqué. Par suite, le moyen doit être écarté.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par Mme B... doivent être rejetées. Par suite, doivent également être rejetées ses conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte ainsi que celles relatives aux frais liés à l’instance.


D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et au préfet du Val-d’Oise.



Délibéré après l’audience du 24 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Ablard, président,
M. Bories, premier conseiller,
Mme Lusinier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2025.


Le rapporteur,


signé


A. BoriesLe président,


signé


T. AblardLa greffière,


signé


M. C...

La République mande et ordonne au préfet du Val-d’Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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