Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410495

mercredi 24 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2410495
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A B, ressortissant tunisien, qui demandait une injonction de délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car le requérant s'était lui-même placé dans la situation d'irrégularité qu'il invoquait en se maintenant sur le territoire après l'expiration de son visa court séjour. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris celles relatives aux frais de justice, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 juillet 2024, M. A B, demande au juge des référés statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de la justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un récépissé de demande de premier titre de séjour dans un dans un délai de quarante-huit heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est remplie, dès lors qu'il se trouve dans l'impossibilité de circuler librement et en toute régularité sur le territoire, que cette décision le place dans une précarité en l'absence de document autorisant son séjour, qu'il est susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement et qu'il risque de perdre son emploi et son domicile ;

- la mesure sollicitée est utile, dès lors qu'il pourra circuler librement et poursuivre sa prise en charge médicale ;

- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, a désigné M. Bourragué, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tunisien né le 18 juin 1986 en Tunisie, est entré en France en 2009 munie d'un visa court séjour, selon ses déclarations. Le 7 février 2024, il a sollicité le préfet des Yvelines afin d'obtenir un titre de séjour en tant que salarié. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un récépissé de demande de premier titre de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". L'article L. 522-3 du même code précise que " lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de cet article, aux fins d'enjoindre à l'administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

4. Pour justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité de bénéficier, à très bref délai, de la mesure d'injonction qu'il demande, M. B soutient qu'en l'absence de récépissé de titre de séjour il ne peut faire valoir un document de circulation, qu'il ne peut justifier de la régularité de son séjour, qu'il est exposé à des risques d'éloignement et à la perte de son emploi et de ses avantages. Toutefois, le requérant est entré en France le 20 juillet 2009, muni d'un visa de court séjour et s'est maintenu de son propre chef irrégulièrement sur le territoire après l'expiration de ce dernier. Dans ces conditions, il doit être regardé comme s'étant lui-même placé dans la situation d'urgence qu'il invoque.

5. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension de M. B, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et de celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressé au préfet du Val-d'Oise et au préfet des Yvelines.

Fait à Cergy, le 24 juillet 2024.

Le juge des référés,

signé

S. Bourragué

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.