Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410531

mercredi 7 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2410531
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par un ressortissant colombien d’une demande d’injonction visant à obtenir un rendez-vous en préfecture pour le renouvellement de son titre de séjour. En cours d’instance, le préfet du Val-d’Oise a convoqué l’intéressé pour finaliser l’enregistrement de son dossier, rendant ainsi la requête sans objet. Le juge a donc constaté un non-lieu à statuer sur les conclusions principales et a condamné l’État à verser 1 000 euros au requérant au titre des frais d’instance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 juillet 2024, M. B A C, représenté par Me Lujien, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de huit jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire de lui délivrer un récépissé portant la mention " autorise son titulaire à travailler ", ou à titre infiniment subsidiaire de réexaminer sa situation ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour dans les délais, que malgré des relances, il n'a pas pu obtenir de rendez-vous pour obtenir un récépissé, qu'il a contacté la préfecture par courriel et par courrier en vain ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ;

- la mesure sollicitée est utile.

Par un mémoire en défense, enregistrée le 5 août 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer. Il fait valoir qu'une convocation a été transmise à l'intéressé pour finaliser l'enregistrement de son dossier de demande de renouvellement de son titre de séjour.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A C, ressortissant colombien, né le 31 juillet 1981, a été mis en possession d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié " valable jusqu'au 8 janvier 2024. Il a tenté d'en solliciter le renouvellement en vain. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous en préfecture afin qu'il puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Sur le non-lieu à statuer :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

3. Le préfet fait valoir que M. A C a été convoqué en cours d'instance à se rendre en préfecture le vendredi entre 9h et 11h afin de finaliser l'enregistrement de son dossier de demande de renouvellement de son titre de séjour. M. A C ne conteste pas que, dans ces conditions, sa requête soit devenue sans objet.

4. Il résulte de tout ce qui précède que le préfet est fondé à faire valoir qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de M. A C.

Sur les frais d'instance :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A C.

Article 2 : L'Etat versera à M. A C la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A C et au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 7 août 2024.

La juge des référés,

signé

S. Cuisinier-Heissler

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0