Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410546

mercredi 24 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2410546
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, ressortissant indien, qui demandait l'avancement de son rendez-vous en préfecture pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge a estimé que l'urgence invoquée, liée au risque de perdre son emploi après l'expiration de son visa, n'était pas établie et que le requérant s'était lui-même placé dans cette situation d'urgence. En conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que la demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 juillet 2024, M. B A, demande au juge des référés statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de la justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui octroyer un rendez-vous plus rapproché afin qu'il dépose sa demande de titre de séjour, et ce avant le 18 août 2024, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de délivrer à M. A, dans l'attente du traitement de sa demande, un récépissé de demande de renouvellement de carte de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est remplie, dès lors qu'il demande un renouvellement de son titre de séjour et qu'il risque de perdre son emploi ;

- la mesure sollicitée est utile ;

- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, a désigné M. Bourragué, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant indien né le 15 octobre 1982, est entré en France le 4 septembre 2023, muni d'un visa long séjour portant la mention " salarié ". Le 25 juin 2024, il a sollicité le préfet du Val-d'Oise afin d'obtenir un titre de séjour en tant que salarié. Par un courrier du 18 juillet 2024, le préfet du Val-d'Oise a fixé à M. A un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour au 1er octobre 2024. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui octroyer un rendez-vous à une date plus rapprochée.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". L'article L. 522-3 du même code précise que " lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de cet article, aux fins d'enjoindre à l'administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

4. Pour justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité de bénéficier, à très bref délai, de la mesure d'injonction qu'il demande, M. A soutient qu'en l'absence de récépissé de titre de séjour il risque de perdre son emploi, dès lors qu'à compter du 18 août 2024, il se trouvera en situation irrégulière. Toutefois, d'une part, le requérant n'établit pas, par la production d'un courrier de son employeur, la réalité du risque pesant sur son emploi entre le 18 août 2024, date de fin de validité de son visa long séjour et le 1er octobre 2024, date de son rendez-vous en préfecture. D'autre part, compte tenu du délai très court entre le 25 juin 2024, date de demande de titre de séjour et le 18 août 2024, date d'expiration du visa long séjour du requérant, ce dernier doit être regardé comme s'étant lui-même placé dans la situation d'urgence qu'il invoque.

5. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension de M. A, en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et de celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressé au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 24 juillet 2024.

Le juge des référés,

signé

S. Bourragué

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.