Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410564

vendredi 26 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2410564
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme A qui demandait la suspension de décisions de la CAF du Val-d'Oise et de l'OPAC Val-d'Oise Habitat relatives à ses droits à l'aide personnalisée au logement. La requête a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas introduit de requête distincte en annulation contre les décisions contestées, comme l'exige l'article R. 522-1 du code de justice administrative. Le juge a donc fait application de l'article L. 522-3 du même code pour rejeter l'ensemble des conclusions sans examiner la condition d'urgence ou les moyens soulevés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 juillet 2024, Mme B A, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 10 avril 2024 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise a refusé de reprendre le versement des droits à l'aide personnalisée au logement ;

2°) d'enjoindre au directeur de la caisse d'allocations familiales de rétablir ses droits à l'aide personnalisée au logement ;

3°) de suspendre l'exécution des décisions non notifiées par lesquelles le directeur de la caisse des allocations familiales a refusé, diminué, suspendu et supprimé des aides personnalisées au logement depuis décembre 2018 en prenant en compte la réalité de sa situation économique et familiale pour cette période ;

4°) de suspendre l'exécution de la décision du 31 mai 2024 de l'OPAC Val-d'Oise Habitat ;

5°) d'enjoindre au directeur de la caisse d'allocations familiales de répondre à la demande d'accès en application de l'article 15 du règlement général sur la protection des données en date du 12 juin 2024 ;

6°) d'enjoindre au directeur de la caisse d'allocations familiales de se conformer à la réglementation applicable en matière de suspension, diminution, retenu et suppression des droits de l'allocataire en respectant le droit à l'information préalable et les sanctions susceptibles d'être prononcées à son encontre ;

7°) de fixer une astreinte journalière en cas de non-exécution de l'ordonnance.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'elle doit payer intégralement le montant de son loyer charge comprise, sans possibilité d'en déduire le montant des droits à l'aide personnalisée au logement, ni la réduction logement social sous peine de voir sa dette locative augmenter et se voir expulsée de son logement ;

- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées :

- elles sont entachées d'un vice de forme en ce qu'elles méconnaissent les articles 21 et 24 de la loi n° 2000-231 du 12 avril 2000 ;

- elles sont entachées d'un vice de procédure en ce qu'elles méconnaissent l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elles ont été prises en violation de l'article L. 351-14 du code de la construction et de l'habitation ;

- elles ont été prises en violation des articles 10 et 11 du préambule de la constitution de 1946 ;

- elles ont été prises en violation des articles 1er et 6 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ;

- elles ont été prises en méconnaissance du règlement général sur la protection des données ;

- elles sont entachées d'une erreur de droit ;

- elles sont entachées d'un détournement de pouvoir ;

- elles sont entachées d'un détournement de procédure ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de l'organisation judiciaire ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ouillon, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du second alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Si Mme A présente, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, des conclusions aux fins de suspension de décisions du directeur de la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise et de l'OPAC Val-d'Oise Habitat, elle n'a pas introduit par ailleurs de requête distincte à fin d'annulation contre ces décisions dont elle sollicite la suspension. Sa requête est, dès lors, manifestement irrecevable et doit être rejetée, en toute ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Cergy, le 26 juillet 2024.

Le juge des référés,

Signé

S. Ouillon

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.