Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410709

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2410709
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B, ressortissant algérien, qui contestait un arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 5 juillet 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, avec interdiction de retour de trois ans. Le tribunal a écarté le moyen tiré d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, relevant que le préfet avait notamment mentionné son activité professionnelle non autorisée, son signalement au fichier des empreintes digitales pour vol aggravé et son non-respect d'une précédente mesure d'éloignement. Il a également jugé infondé le moyen d'erreur manifeste d'appréciation, la décision étant légalement fondée sur l'article L. 611-1 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en raison de l'absence de justification d'une entrée régulière en France. La requête a donc été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance de renvoi du 9 juillet 2024 n° 2409625, la présidente du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête enregistrée le 6 juillet 2024 au greffe du tribunal administratif de Paris.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 24 juillet 2024, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2024 pris par le préfet de la Seine-Saint-Denis portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Il doit être regardé comme soutenant que l'arrêté :

- est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête et communique l'ensemble des pièces utiles en sa possession.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Bocquet, conseillère, en qualité de juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Bocquet, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique du 26 septembre 2024.

Les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant algérien né le 26 septembre 1999, serait entré en France durant le mois d'avril 2022, selon ses déclarations. A la suite d'un contrôle d'identité le 5 juillet 2024, il a été révélé qu'il résidait irrégulièrement sur le territoire français. Par un arrêté du 5 juillet 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.

2. M. B soutient que l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle en ce qu'il est bien titulaire de documents d'identité qu'il n'a pas été en mesure de produire lors de son interpellation. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment de la motivation de la décision attaquée, que le préfet de la Seine-Saint-Denis a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B avant de prendre l'arrêté litigieux, mentionnant notamment le fait qu'il ait déclaré être célibataire et sans enfant, qu'il déclare exercer une activité professionnelle sans autorisation, qu'il est connu au fichier automatisé des empreintes digitales pour des faits de vol aggravé et qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement prononcée le 4 septembre 2022. De plus, s'il soutient être titulaire de documents d'identité, le requérant ne les produit pas à l'instance, il n'établit pas non plus avoir réalisé des démarches pour régulariser sa situation administrative contrairement à ce qu'il soutient. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit être écarté.

3. Enfin, M. B soutient que l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public, contestant avoir fait l'objet d'accusations pour vol aggravé à plusieurs reprises. Toutefois, il ressort des termes de l'arrêté que la décision litigieuse a été prise sur le fondement de l'article L. 611-1 1° du code de l'entré et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soit en raison du fait que le requérant en peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français. Ainsi, le requérant ne pouvant justifier de son entrée régulière sur le territoire français, le préfet pouvait fonder sa décision sur ce motif. Par conséquent, tiré de l'erreur manifeste d'appréciation est infondé et ne peut qu'être écarté.

4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.

La magistrate désignée,

signé

P. BocquetLa greffière,

signé

M. C

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.