Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410719
vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2410719 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Rosin, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article
L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 28 mai 2024, par lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise ou au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation administrative dans un délai de deux mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, jusqu'à l'issue du réexamen de sa situation ou jusqu'à l'intervention du jugement au fond à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros hors taxe, à lui verser, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est présumée remplie dès lors qu'il s'agit d'une demande de renouvellement de titre de séjour, et que la décision de refus met en péril sa convention de formation par apprentissage ;
- il existe plusieurs moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision portant refus du droit au séjour :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 422-1 et L. 411-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que, d'une part, le préfet a ajouté une condition à la loi et d'autre part, il a commis une erreur d'appréciation quant au caractère réel et sérieux de ses études ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 août 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2410722, enregistrée le 25 juillet 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 10 septembre 2024 à
9 heures.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Bouayyadi greffière d'audience :
- le rapport de Mme Cuisinier-Heissler, juge des référés ;
- et les observations de Me Rosin, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré a été présentée pour M. A le 11 septembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais né le 1er février 1999, est entré sur le territoire français le 8 septembre 2017, muni d'un visa de long séjour. Il a ensuite été mis en possession de titres de séjour portant la mention " étudiant ", le dernier expirant le 15 octobre 2023. Le 12 octobre 2023, M. A a demandé le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté en date du 28 mai 2024, le préfet a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cet arrêté en tant qu'il porte refus de renouvellement de titre de séjour.
Sur la demande d'admission, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre, à titre provisoire, le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées aux fins de suspension :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, " quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
5. Les moyens invoqués par M. A à l'appui de sa demande de suspension tels qu'ils sont analysés ci-dessus ne paraissent pas, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'urgence, que les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté en litige ainsi que celle à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1 : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 13 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
S. Cuisinier-Heissler
La République mande au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.