vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2410723 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BOUDAYA |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°2408578 du 23 juillet 2024, le vice-président du tribunal administratif de Melun a renvoyé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête de M. C D, enregistrée le 12 juillet 2024 au greffe de ce tribunal.
Par cette requête, enregistrée le 26 juillet 2024 au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, M. D, représenté par Me Boudaya, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 juillet 2024 par lequel le préfet de la Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-et-Marne d'abroger la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'inexactitude matérielle des faits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2024, le préfet de la Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Beaufaÿs, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique du 18 septembre 2024.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, ressortissant marocain né le 20 octobre 1996, est entré régulièrement sur le territoire français le 10 mars 2022, selon ses déclarations, muni d'une carte de séjour pluriannuelle en qualité de travailleur saisonnier, valable du 28 octobre 2020 au 27 octobre 2023. Le 10 juillet 2024, il a été interpellé par les services de police à Chessy pour un acte de faux et usage de faux. Par un arrêté du 10 juillet 2024, le préfet de la Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; ". Aux termes de l'article R. 613-1 du même code : " L'autorité administrative compétente pour édicter la décision portant obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français est le préfet de département et, à Paris, le préfet de police. ".
3. Le préfet territorialement compétent pour édicter la décision portant obligation de quitter le territoire français est celui qui constate l'irrégularité de la situation au regard du séjour de la personne étrangère concernée, que cette mesure soit liée à une décision refusant à cette dernière un titre de séjour ou son renouvellement, au refus de reconnaissance de la qualité de réfugié ou du bénéfice de la protection subsidiaire, ou encore au fait que la personne se trouve dans un autre des cas énumérés à l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Tel est, en toute hypothèse, le cas du préfet du département où se trouve le lieu de résidence ou de domiciliation de la personne intéressée. En outre, si l'irrégularité de sa situation a été constatée dans un autre département, le préfet de ce département est également compétent.
4. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a été interpellé le 10 juillet 2024 par les services de police à Chessy pour avoir commis un acte de faux et usage de faux. Ainsi, le préfet de Seine-et-Marne était bien territorialement compétent pour prendre l'arrêté contesté. Par conséquent, le moyen tiré de l'incompétence territoriale du préfet de Seine-et-Marne doit être écarté.
5. Par ailleurs, l'arrêté attaqué a été signé par Mme B A, cheffe du bureau de l'éloignement de la préfecture de la Seine-et-Marne, à qui le préfet de ce département a donné délégation, par un arrêté du 26 avril 2024, publié le jour même au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, à l'effet de signer l'ensemble des décisions litigieuses. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit dès lors être écarté.
6. En deuxième lieu, M. D soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'inexactitude matérielle des faits dès lors que le préfet, pour prendre l'arrêté attaqué s'est fondé sur les circonstances qu'il était sans ressources légales, sans domicile personnel et certain et que ses liens personnels et familiaux en France n'étaient pas stables et intenses, circonstances qui seraient erronées. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier que l'intéressé disposait bien d'une carte de séjour pluriannuelle en qualité de travailleur saisonnier, cette carte ayant expiré le 27 octobre 2023 et n'ayant pas été renouvelée, M. D, qui a continué à travailler pour la société " SPM " à l'expiration de son titre de séjour, était bien sans ressources légales. Par ailleurs, si le requérant énonce avoir un domicile personnel et certain, l'attestation d'élection de domicile produite n'est valable que du 30 juillet 2022 au 30 juillet 2023, de sorte qu'il ne démontre pas avoir un domicile personnel et certain à la date de l'arrêté attaqué. En tout état de cause, quand bien même le requérant disposerait d'un tel domicile, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une telle erreur aurait une influence sur le sens des décisions attaquées. Enfin, si le requérant énonce qu'il a des liens personnels en France significatifs stables, son seul emploi au sein de la société " SPM " ne saurait caractériser de tels liens. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'inexactitude matérielle des faits doit être écarté.
7. En dernier lieu, si le requérant soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit, il n'apporte pas de précisions suffisantes permettant d'apprécier le bien-fondé de ce moyen. Ce moyen doit dès lors être écarté.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. D doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet de la Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
F. BeaufaÿsLe greffier,
signé
M. E
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-et-Marne, en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026