Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410753
jeudi 1 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2410753 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 juillet 2024, M. B A, représenté par
Me Taleb, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est établie dès lors que l'absence de titre de séjour peut entrainer la perte de son emploi et le risque pour lui d'être éloigné du territoire français ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir et à son droit au travail ;
- il y a une méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'hommes et des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- convention européenne de sauvegarde des droits de l'hommes et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ouillon, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code précité mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
3. M. A, ressortissant malien né le 31 décembre 1987, a bénéficié d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable du 28 juin 2022 au 27 juin 2023. Il a déposé le 8 août 2023 une demande de renouvellement de son titre de séjour et a été mis en possession d'attestation de prolongation d'instruction dont la dernière était valable jusqu'au
27 juin 2024. Le 28 mai 2024, il a été informé de la clôture de sa demande de renouvellement de titre de séjour au motif que son dossier était incomplet. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer, dans l'attente de l'examen de son dossier, un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler.
4. Pour justifier de la situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, M. A soutient que l'absence de titre l'autorisant à séjourner en France peut conduire à la perte de l'emploi qu'il occupe au sein de la commune de Montigny-les-Cormeilles, dans le cadre d'un contrat à durée déterminée et au risque d'être éloigné du territoire français et que cette situation porte atteinte à son droit au travail et à sa liberté d'aller et venir. Toutefois, il résulte de l'instruction que le terme du contrat de travail conclut avec la commune de Montigny-les-Cormeilles est prévu au 2 octobre 2024. Il ne résulte pas de l'instruction que la commune aurait entendu rompre à très brève échéance ce contrat. Par ailleurs, il n'est pas contesté qu'aucune mesure d'éloignement n'est prise ou même envisagée à l'encontre de l'intéressé. Ainsi, les seules considérations dont se prévaut M. A, qui a toujours la possibilité de déposer une nouvelle demande de titre de séjour, ne peuvent, en l'état, être regardées comme caractérisant une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures selon la procédure prévue à l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Cergy, le 1er août 2024.
Le juge des référés,
Signé
S. Ouillon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.0