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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2410773

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410773

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2410773
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSELARL LEHMANN & ALAIMO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance de renvoi du 23 juillet 2024 n° 2416345/12/3, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête enregistrée le 18 juin 2024.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 25 juillet 2024, M. C A demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ou de désigner un avocat d'office ;

2)° d'annuler l'arrêté du 7 juin 2024 pris par le préfet de police de Paris portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Il soutient que l'arrêté :

- a été pris par une autorité incompétente ;

- est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- méconnaît les droits de la défense ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2024, le préfet de police de Paris, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête et communique l'ensemble des pièces utiles en sa possession.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Bocquet, conseillère, en qualité de juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 septembre 2024 :

- le rapport de Mme Bocquet, magistrate désignée ;

- et les observations de Me Lehmann, avocat désigné d'office représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, et soutient qu'il abandonne la conclusion tendant à l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

- le préfet de police de Paris n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue des audiences.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, ressortissant ivoirien né le 2 mars 1998, serait entré en France durant l'année 2019, selon ses déclarations. Suite à un contrôle d'identité le 7 juillet 2024 il a été révélé qu'il résidait irrégulièrement sur le territoire français. Par un arrêté du 7 juin 2024, le préfet de police de Paris lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Par un arrêté n° 2024-00349 du 18 mars 2024 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de police de Paris a donné délégation à Mme D, attachée d'administration de l'Etat, signataire de l'arrêté attaqué, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. L'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application et comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait.

4. Si M. A soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation, il ressort des termes de l'arrêté que le préfet a pris en considération sa situation personnelle, notamment le fait qu'il a déclaré être père d'un enfant à charge sans en apporter la preuve. Dans ces conditions, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des autres éléments du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen insuffisamment circonstancié de la situation personnelle de M. A.

5. Si M. A soutient que l'arrêté est entaché d'une erreur de droit, d'une erreur manifeste d'appréciation et qu'il méconnaît les droits de la défense, ces moyens ne sont pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bienfondé. Par conséquent, ils ne peuvent qu'être écartés.

6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

7. Si M. A soutient que l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation tirée de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'il est père d'un enfant né le 25 mars 2024 et qu'il a conclu un mariage coutumier avec son épouse, en situation irrégulière et également de nationalité ivoirienne, ces éléments ne sont étayés par aucune pièce du dossier et ne sont pas en soi suffisant pour démontrer une atteinte à sa vie privée et familiale qui peut se reconstituer dans le pays d'origine. En outre, l'intéressé fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français depuis le 27 février 2023, décision qu'il n'a pas exécutée. Par conséquent le moyen manque en fait et ne peut qu'être écarté.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.

La magistrate désignée,

signé

P. BocquetLa greffière,

signé

M. B

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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