mardi 20 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2410778 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | VRIONI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 26 juillet 2024, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête de M. D.
Par cette requête enregistrée le 26 juillet 2024 M. D, représenté par Me Vrioni, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 juillet 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de circuler en France pour une durée d'un an ;
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée et ne prend pas en compte l'intégralité des éléments de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît son droit à être entendu tel que reconnu par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnaît l'article L. 251-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 251-1 2° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
En ce qui concerne le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée au regard des exigences résultant de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est elle-même entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est elle-même entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne l'interdiction de circulation :
- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée au regard des exigences résultant de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est elle-même entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 251-1 2° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 août 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et communique les pièces constitutives du dossier du requérant.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du préfet des Hauts-de-Seine prononçant une interdiction de circuler en France, inexistante, sont irrecevables.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Zaccaron Guérin, conformément à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zaccaron Guérin,
- les observations de Me Vrioni, avocate désignée d'office, représentant le requérant, qui reprend et précise les conclusions et moyens du requérant et fait en outre, valoir que :
* elle maintient ses conclusions tendant à l'annulation d'une interdiction de circulation en France et non d'une interdiction de retour et que, contrairement au moyen d'ordre public soulevé par le tribunal, elle n'a pas constaté de cause d'irrecevabilité de ces conclusions ;
* le requérant ne pouvait pas faire l'objet d'une mesure d'éloignement dès lors qu'il est citoyen de l'Union européenne, de nationalité espagnole, qu'il réside en France depuis plus de 13 ans, qu'il y paye ses impôts ;
* l'intéressé ne constitue par ailleurs pas une menace à l'ordre public : s'il a effectivement été mis en garde à vue pour " violences conjugales " - motif au demeurant mentionné, depuis plusieurs années, par les arrêtés préfectoraux - il n'a pourtant fait l'objet d'aucune condamnation ; en outre, le préfet n'établit pas que le comportement du requérant constituerait une " menace réelle, actuelle ou à venir pour l'ordre public " ;
- et les observations de M. D qui reconnaît les faits pour lesquels il a été placé en garde à vue et fait valoir qu'il " aime profondément son épouse et son beau-fils ", qu'il " regrette infiniment son comportement " et qu'il souhaite rester en France dès lors qu'il y réside depuis 2013, qu'il travaille et qu'il " paye toutes ses cotisations ".
Le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent ni représenté.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant espagnol né le 24 décembre 1967, déclare être entré en France en 2011. Par un arrêté du 17 juillet 2024, le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sur le fondement du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation en France pour une durée d'un an. Par la présente requête, M. D demande au tribunal l'annulation de cet arrêté du 17 juillet 2024.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun :
2. L'arrêté attaqué a été signé par Mme B A, attachée de l'administration de l'Etat, adjointe au chef de bureau de l'éloignement et des examens sépcialisés, qui bénéficiait, par arrêté SGAD n°2024-31 du 2 juillet 2024, d'une délégation du préfet des Hauts-de-Seine à l'effet notamment de signer les décisions portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit dès lors être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de fait et de droit qui constituent son fondement. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation manque en fait et doit dès lors être écarté.
4. En deuxième lieu, si, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux États membres, mais uniquement aux institutions, aux organes et aux organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant.
5. Toutefois, le droit d'être entendu préalablement à toute décision qui affecte sensiblement et défavorablement les intérêts de son destinataire constitue l'une des composantes du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union européenne, invocable à l'encontre de l'arrêté en litige. Ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) l'a jugé dans ses décisions C-166/13 Mukarubega et C-249/13 Boudjlida, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité de son séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que cette autorité s'abstienne de prendre à son égard une telle décision. Il n'implique pas, en revanche, que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité de son séjour ou la perspective de son éloignement. En outre, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
6. Il ressort des pièces du dossier, notamment des procès-verbaux d'audition dressés le 17 juillet 2024, que M. D a été entendu par les services de police préalablement à l'édiction de la décision attaquée. A cette occasion, l'intéressé a communiqué divers renseignements concernant sa situation personnelle, familiale et professionnelle en France et a été invité à préciser sa situation administrative sur le territoire national. A cet égard, le préfet de police de Paris produit à l'instance le procès-verbal d'audition sur la situation administrative de M. D, qui comporte des informations précises sur son état-civil, sa situation familiale, professionnelle et qui atteste que cette audition s'est déroulée en présence de son conseil et que l'intéressé n'a pas produit d'observations écrites ni sollicité un complément d'audition avec son conseil. Ce procès-verbal est par ailleurs signé par le requérant. Dans ces conditions, le requérant, qui se borne à soutenir qu'il n'a pas été en mesure de présenter ses observations ni de produire les documents nécessaires pour justifier de sa présence en France depuis plus de dix ans ne contredit ainsi pas les mentions des procès-verbaux précités, qui font foi jusqu'à preuve contraire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général du droit d'être entendu issu du droit de l'Union européenne, doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : () 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'autorité administrative, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, ces conditions étant appréciées en fonction de sa situation individuelle, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.
8. En l'espèce, le préfet a fondé l'obligation de quitter le territoire français litigieuse sur les circonstances que M. D a été interpellé pour " violences habituelles suivies d'incapacité n'excédant pas 8 jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité ". En particulier, le compte-rendu d'enquête que le préfet a transmis à l'instance fait état d'une dispute, intervenue le 21 juin 2024, entre M. D et son épouse, au cours de laquelle ce dernier a " tiré les cheveux de sa compagne " et " frappé dans le dos son beau-fils " mineur de quinze ans. Le requérant ne conteste pas la matérialité des faits qu'il reconnaît au demeurant à l'occasion des observations qu'il a formulées lors de l'audience publique mais fait valoir que le centre de ses intérêts privés, familiaux et professionnels se situe en France dès lors qu'il y réside depuis 2013 sans discontinuer, qu'il est marié avec son épouse depuis le 26 janvier 2022 et qu'il cohabite avec cette dernière et son beau-fils, qu'il participe à l'entretien et l'éducation de cet enfant depuis le 9 juillet 2023, ainsi qu'en atteste le courrier rédigé par son épouse le 18 juillet 2024, qu'il travaille en France et qu'il y paye ses impôts. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui séjourne en situation irrégulière sur le territoire depuis son arrivée et n'a jamais effectué de démarches pour régulariser sa situation, a, ainsi qu'il vient d'être rappelé, été interpellé et placé en garde à vue le 21 juin 2024 pour avoir commis des violences sur son épouse et son beau-fils. Dans ces conditions, et alors même que M. D justifie de l'ancienneté de son séjour et d'une intégration professionnelle importante, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant que le comportement de M. D constituait une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 251- 2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 251-1 les citoyens de l'Union européenne ainsi que les membres de leur famille qui bénéficient du droit au séjour permanent prévu par l'article L. 234-1. ". Et aux termes de l'article L.234-1 du même code : " Les citoyens de l'Union européenne mentionnés à l'article L. 233-1 qui ont résidé de manière légale et ininterrompue en France pendant les cinq années précédentes acquièrent un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français. () Une carte de séjour d'une durée de validité de dix ans renouvelable de plein droit leur est délivrée. ".
10. Il résulte ainsi des dispositions précitées, que des restrictions au droit de circuler et de séjourner librement en France peuvent notamment être prononcées à l'encontre des citoyens de l'Union européenne qui bénéficient du droit au séjour permanent prévu par l'article L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à la condition qu'elles soient motivées par un comportement qui constitue, du point de vue de l'ordre public et de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Lorsqu'un tel comportement est constaté, une mesure d'éloignement ainsi qu'une interdiction de circulation sur le territoire français peuvent légalement être prononcées à l'égard d'un citoyen de l'Union européenne nonobstant le droit au séjour permanent dont il bénéficiait.
11. D'une part, M. D a fait l'objet d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français sur le fondement du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite et en application des dispositions précitées, le préfet des Hauts-de-Seine pouvait, pour ce motif, prononcer une mesure d'éloignement à son encontre. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait acquis un droit de séjour permanent sur l'ensemble du territoire français. Enfin, ainsi qu'il a été énoncé précédemment, son comportement constitue, du point de vue de l'ordre public et de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française.
12. En cinquième lieu, d'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". D'autre part, l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant stipule : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. " Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
13. Eu égard à tout ce qui a été énoncé précédemment, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porte une atteinte à son droit au respect de la vie privée et familiale disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été édictée, ni qu'elle méconnait les stipulations précitées des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
En ce qui concerne le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel ".
15. En l'espèce, le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire au requérant est motivé par la circonstance que le comportement de l'intéressé représente une menace à un intérêt fondamental de la société en raison des faits rappelés précédemment et, qu'en conséquence, il y a urgence à éloigner sans délai l'intéressé du territoire français. Dans ces conditions, cette décision qui vise les dispositions de l'article L. 251-3 précité et précise les considérations de fait qui la fonde, est suffisamment motivée.
16. En deuxième lieu, pour eu égard à tout ce qui a été énoncé précédemment, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise en méconnaissance de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
17. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment, qu'aucun des moyens soulevés par le requérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est fondé. Dès lors, le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de cette mesure d'éloignement attaquée.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
18. En premier lieu, la décision contestée précise la nationalité du requérant et vise les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation manque en fait et ne peut dès lors qu'être écarté.
19. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment, qu'aucun des moyens soulevés par le requérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est fondé. Dès lors, le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que la décision fixant son pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de cette mesure d'éloignement attaquée.
20. En dernier lieu, eu égard à tout ce qui a été énoncé aux points 6 à 13 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de circulation :
21. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations de fait et de droit qui constituent son fondement. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation ne peut qu'être écarté.
22. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment, qu'aucun des moyens soulevés par le requérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est fondé. Dès lors, le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que l'interdiction de circulation en France, d'une durée d'un an, doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de cette mesure d'éloignement attaquée.
23. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° et 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans ".
24. En l'espèce, et nonobstant la circonstance que le requérant se prévaut de la méconnaissance de l'article L. 251-1 2° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'intéressé, qui cite par ailleurs au soutien de ce moyen, les dispositions citées au point 23 du présent jugement, qui correspondent à l'article L. 251-4 de ce code, doit être regardé comme ayant entendu soulever un moyen tiré de ce que le préfet, en se considérant tenu de prononcer cette interdiction de circulation, a méconnu l'article L. 251-4 précité. Toutefois, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 6 à 13 du présent jugement, ce moyen doit être écarté.
25. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 6 à 13 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
26. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine en date du 17 juillet 2024.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet des Hauts-de-Seine.
Copie en sera adressée au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 août 2024.
La magistrate désignée,
Signé
C. Zaccaron Guérin La greffière,
Signé
Z.Bouayyadi
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24107782
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026