Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410824
jeudi 1 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2410824 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2024, sous le n° 2410824, M. B A, représenté par Me El Moutaoukil, demande au juge des référés statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui accorder un rendez-vous en vue de la délivrance de son titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, ou, à défaut, de lui accorder un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour ainsi qu'une attestation de prolongation d'instruction, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à lui verser.
Il soutient que :
- la mesure sollicitée est urgente dès lors qu'il ne parvient pas à obtenir de rendez-vous pour le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ", ce qui ne lui permet pas de valider son année d'études et le place dans une situation précaire ;
- la mesure sollicitée est utile ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
II. Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2024, sous le n° 2410828, M. B A, représenté par Me N'Guessan, demande au juge des référés statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de prendre toutes mesures utiles pour faire cesser l'inégal accès au service public des étrangers souhaitant déposer une demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour portant la mention " étudiant " sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un rendez-vous dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, en vue du dépôt de sa demande de délivrance de titre de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la mesure sollicitée est urgente dès lors qu'il ne parvient pas à obtenir de rendez-vous pour le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant " ce qui ne lui permet pas de valider son année d'études et le place dans une situation précaire ;
- la mesure sollicitée est utile ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative ;
- les carences de l'administration entraînent un grave dysfonctionnement du service public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, a désigné M. Huon, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant ivoirien né le 14 décembre 2002, est entré en France le 12 septembre 2022 muni d'un visa long séjour " étudiant " valant titre de séjour, valable du 8 septembre 2022 au 8 septembre 2023. Le 28 juillet 2023, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur le téléservice de l'administration numérique pour les étrangers en France et n'a reçu aucune information quant à sa demande. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande et obtenir son titre de séjour ou, à défaut, un récépissé ou une attestation de prolongation d'instruction. Il demande également que soient prises toutes mesures utiles pour faire cesser l'inégal accès au service public des étrangers souhaitant déposer une demande de titre de séjour.
2. Les requêtes n°2410824 et 2410828, présentées par M. A, ont le même objet et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". L'article L. 522-3 du même code précise que " lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait être enjoint au préfet faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise () ". Aux termes de l'article R. 432-1 du même code : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Et aux termes de l'article R. 432-2 dudit code : " La décision implicite mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".
5. Il résulte de l'instruction que M. A a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant " le 28 juillet 2023. En l'absence de réponse à sa demande de titre de séjour dans un délai de quatre mois, conformément aux dispositions des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour est née. Cette décision fait obstacle à ce qu'il soit enjoint à l'administration de convoquer l'intéressé en vue de déposer sa demande ou de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction et a fortiori de lui remettre un titre de séjour, une telle mesure présentant de surcroît un caractère définitif. Par suite, s'agissant de ces mesures, la condition posée à l'article L. 521-3 du code de justice administrative, tenant à ce que la mesure demandée ne fasse pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, n'est pas remplie.
6. En second lieu, les conclusions tendant à ce que le préfet des Hauts-de-Seine prenne toutes mesures utiles pour faire cesser l'inégal accès au service public d'accueil des étrangers, excèdent, eu égard à leur généralité, l'office du juge des référés statuant en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes présentées par M. A doivent être rejetées en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes de M. A sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressé au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 1er août 2024.
Le juge des référés,
Signé
C. Huon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
2 et 2410828