Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410927
jeudi 1 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2410927 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et une pièce complémentaire enregistrées les 29 juillet 2024 et 30 juillet 2024, M. C B A, représenté par Me El Aniou, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au sous-préfet d'Argenteuil de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'autorisant à travailler, dans le délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État, une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'absence de remise d'une attestation de prolongation d'instruction a conduit à la suspension de son contrat de travail le plaçant dans une situation d'extrême précarité administrative et financière, alors qu'il a des enfants à charge ;
- cette absence d'attestation porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au travail dès lors que son contrat de travail a été suspendu ;
- cette décision porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et de venir.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Viain, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant de nationalité cap-verdienne né le 10 janvier 1992, déclarant être entré en France en 2019, a été mis en possession d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable du 18 janvier 2023 au 17 janvier 2024, dont il a demandé le renouvellement le 20 octobre 2023. Il s'est vu délivrer des attestations de prolongation d'instruction valables du 1er mars 2024 au 1er avril 2024 et du 30 avril 2024 au 29 juillet 2024. L'administration ne s'étant toujours pas prononcée sur sa demande de renouvellement, M. B A demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au sous-préfet d'Argenteuil de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes l'article L. 522-3 du code précité : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l'article L. 521-2 du même code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale.
4. Pour justifier de l'urgence exigée à l'article L. 521-2 du code de justice administrative, M. B A indique que son dernier titre de séjour a expiré le 17 janvier 2024, que seules les périodes entre le 1er mars 2024 et le 1er avril 2024 et du 30 avril au 29 juillet 2024 ont été couvertes par une attestation de prolongation d'instruction, et que son employeur a mis un terme à son contrat de travail en raison de l'absence de titre de séjour. Toutefois, il ressort du courrier du 13 juin 2024 du conseil du requérant que l'administration a demandé le 6 juin 2024 à M. B A, qui était en possession d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 29 juillet 2024, la production de pièces complémentaires pour l'instruction de son dossier. Par ailleurs, l'intéressé, à qui il est loisible de solliciter une nouvelle attestation de prolongation d'instruction, n'apporte aucune précision sur ses conditions concrètes d'existence, se bornant à des allégations générales et, en particulier, n'établit pas qu'il se trouverait privé de toute ressource, notamment à caractère social, ni qu'il contribuerait à l'entretien de ses enfants. Dans ces conditions, M. B A ne justifie pas de l'urgence particulière exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, que la requête de M. B A doit être rejetée en toutes ses conclusions par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B A.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy-Pontoise, le 1er août 2024.
Le juge des référés,
signé
T. Viain
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.