Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2410968
jeudi 1 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2410968 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 juillet 2024, M. B A, représenté par
Me Chayé, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de se prononcer sur sa demande de regroupement familial formulée au bénéfice de son fils ;
2°) de mettre à la charge de l'État, une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que le délai de traitement de sa demande est déraisonnable et que son épouse se retrouve seule au Bangladesh avec leur fils dans une situation d'insécurité ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familial ;
- il subit une discrimination du fait de l'inégal accès au service public ;
- il subit une discontinuité et un dysfonctionnement du service public.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Viain, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant de nationalité bangladaise né le 30 juin 1986, déclarant être présent sur le territoire français depuis 2010 et titulaire d'une carte de résident longue durée valable jusqu'au 15 mai 2032, a demandé le regroupement familial au bénéfice de son épouse, demande qui a été accueillie favorablement par le préfet des Hauts-de-Seine le 6 juillet 2022. Son épouse ayant accouché durant l'instruction de sa demande, M. A a demandé d'étendre au bénéfice de son fils sa demande de regroupement familial. Par courriel du 8 juin 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration l'a informé que l'acte de naissance de son fils avait été transmis en préfecture et par courriel du 29 janvier 2024, les services de la sous-préfecture de Boulogne-Billancourt lui ont indiqué que sa demande était en cours d'instruction. Par la requête susvisée, M. A demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de se prononcer sur sa demande de regroupement familial au bénéfice de son fils.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes l'article L. 522-3 du code précité : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l'article L. 521-2 du même code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale.
4. Pour établir l'existence d'une urgence particulière caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, du regroupement familial au bénéfice de son fils, le requérant se borne à se prévaloir du délai anormalement long de traitement de sa demande et du fait que son épouse se retrouve seule au Bangladesh avec leur fils dans une situation d'insécurité, sans apporter plus de précisions ni établir que son épouse se trouverait effectivement dans une telle situation. Ainsi, le requérant ne fait valoir aucune circonstance particulière justifiant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans le délai particulièrement bref qui caractérise la procédure prévue à l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy-Pontoise, le 1er août 2024.
Le juge des référés,
signé
T. Viain
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.