Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411010
jeudi 1 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2411010 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 juillet 2024, M. A B, représenté par
Me Ottoz, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un récépissé de renouvellement de son titre de séjour portant autorisation de travail dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 50 euros par heure de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État, une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il risque de perdre son contrat de travail à l'expiration de son titre de séjour le 20 août 2024 ;
- l'absence de remise d'un document l'autorisant à travailler porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au travail et à son droit de mener une vie privée et familiale normale, dès lors que son employeur lui a indiqué qu'il suspendrait son contrat de travail en l'absence de production d'un tel document.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Viain, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant de nationalité tunisienne né le 22 août 1980, a été mis en possession le 21 août 2023 d'un titre de séjour " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler valable jusqu'au 20 août 2024. Il a demandé le 17 mai 2024 le renouvellement de son titre de séjour et s'est vu délivrer le 5 juillet 2024 un récépissé de demande de renouvellement précisant que sa détention n'autorisait pas son titulaire à travailler. Par la requête susvisée, M. B demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un récépissé de renouvellement de sa demande de titre de séjour l'autorisant à travailler.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes l'article L. 522-3 du code précité : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l'article L. 521-2 du même code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale.
4. Pour établir l'existence d'une urgence particulière caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier d'un récépissé de renouvellement de sa demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, le requérant se borne à se prévaloir de l'expiration de son titre de séjour le 20 août 2024, de ce que le récépissé de demande de renouvellement qu'il s'est vu délivrer le 5 juillet 2024 ne l'autorise pas à travailler et de ce que son employeur, AIA, lui a indiqué qu'il devrait suspendre son contrat de travail à compter du 20 août 2024 s'il n'obtenait pas le renouvellement de son titre ou ne produisait pas de récépissé l'autorisant à travailler. Dans ces conditions, le requérant, dont le titre n'expire que le 20 août 2024, ne fait valoir aucune circonstance particulière justifiant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans le délai particulièrement bref qui caractérise la procédure prévue à l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy-Pontoise, le 1er août 2024.
Le juge des référés,
signé
T. Viain
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.