Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411081

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2411081
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantGERBE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B C, ressortissant brésilien, qui contestait un arrêté du préfet de police de Paris lui faisant obligation de quitter le territoire français. Le requérant soutenait que son séjour était régulier en vertu de la convention de Schengen, mais le tribunal a jugé qu'il n'avait pas souscrit la déclaration obligatoire d'entrée en France prévue par l'article 22 de cette convention et les articles L. 621-3 et R. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par conséquent, l'arrêté n'est pas entaché d'erreur de fait et la demande d'annulation est rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance de renvoi n° 2415644/12/3 du 23 juillet 2024, le président du tribunal administratif de Paris a, sur le fondement de l'article R. 312-8 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête de M. A B C, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 13 juin 2024.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal de céans le 31 juillet 2024, M. B C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 juin 2024 par lequel le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il séjourne régulièrement en France depuis le 8 avril 2024 sous couvert de son passeport brésilien en cours de validité l'autorisant à séjourner sur les territoires des Etats parties à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 pour une durée n'excédant pas 90 jours.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2024, le préfet de police de Paris conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, et, à titre subsidiaire, à son rejet.

Il fait valoir, à titre principal, que le requérant avait prévu de quitter la France avant l'expiration du délai de trente jours et que l'obligation de quitter le territoire français ne lui fait donc pas grief, et, à titre subsidiaire, que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Robert comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 septembre 2024 :

- le rapport de M. Robert, magistrat désigné ;

- les observations de Me Gerbe, avocate désignée d'office, représentant M. B C, non présent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;

- le préfet de police de Paris n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B C, ressortissant brésilien né le 19 octobre 1999, est entré au Portugal le 8 avril 2024 sous couvert de son passeport brésilien en cours de validité l'autorisant à séjourner dans les territoires des Etats parties à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 pour une durée n'excédant pas 90 jours. Interpellé à Paris à la suite d'un contrôle d'identité le 5 juin 2024, il a fait l'objet, le jour même, d'un arrêté par lequel le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, M. B C sollicite l'annulation de cet arrêté.

2. D'une part, aux termes de l'article 22 de la convention d'application de l'accord de Schengen du 14 juin 1985 : " 1. Les étrangers entrés régulièrement sur le territoire d'une des Parties Contractantes sont tenus de se déclarer, dans les conditions fixées par chaque Partie Contractante, aux autorités compétentes de la Partie Contractante sur le territoire de laquelle ils pénètrent. Cette déclaration peut être souscrite au choix de chaque Partie Contractante, soit à l'entrée, soit, dans un délai de trois jours ouvrables à partir de l'entrée, à l'intérieur du territoire de la Partie Contractante sur lequel ils pénètrent ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 621-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger en provenance directe du territoire d'un État partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 peut se voir appliquer les dispositions de l'article L. 621-2 lorsqu'il est entré ou a séjourné sur le territoire français () sans souscrire, au moment de l'entrée sur ce territoire, la déclaration obligatoire prévue par l'article 22 de la même convention, alors qu'il était astreint à cette formalité ". L'article R. 621-2 du même code dispose que : " Sous réserve des dispositions de l'article R. 621-4, l'étranger souscrit la déclaration d'entrée sur le territoire français mentionnée à l'article L. 621-3 auprès des services de la police nationale ou, en l'absence de tels services, des services des douanes ou des unités de la gendarmerie nationale. A cette occasion, il lui est remis un récépissé qui peut être délivré par apposition d'une mention sur le document de voyage. / (..) "

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. C B est entré au Portugal le 8 avril 2024 sous couvert de son passeport brésilien en cours de validité l'autorisant à séjourner sur les territoires des Etats parties à la convention dite " Schengen " pour une durée n'excédant pas 90 jours. Toutefois, s'il déclare être entré en France le jour même, il ne justifie pas avoir souscrit la déclaration obligatoire prévue par l'article 22 de la même convention et par les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, c'est sans erreur de fait que le préfet de police de Paris a pu considérer que son entrée sur le territoire français n'était pas régulière.

5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B C doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B C et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 4 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

D. Robert La greffière,

Signé

Z. Bouayyadi

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.