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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2411093

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411093

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2411093
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance de renvoi n° 2415940/12/3 du 22 juillet 2024, le président du tribunal administratif de Paris a, sur le fondement de l'article R. 312-8 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise le dossier de la requête de M. A B, enregistré au tribunal administratif de Paris le 16 juin 2024.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise sous le n° 2411093, M. B, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 juin 2024 par lequel le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- il est entaché d'une insuffisance de motivation ;

- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;

- il est entaché d'une erreur de droit ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2024 et des pièces complémentaires, enregistrées le 3 octobre 2024, le préfet de police de Paris, représenté par

Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Grenier, première vice-présidente, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et

L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Grenier a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant géorgien né le 8 décembre 1988, déclare être entré en France le 21 mai 2024. Le 14 juin 2024, il a fait l'objet d'un contrôle d'identité et a été placé en retenue administrative. Par un arrêté du même jour, dont M. B demande l'annulation, le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit (). ". Selon l'article L. 311-1 du même code : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 121-1 ou des stipulations d'un accord international, tout étranger âgé de plus de dix-huit ans qui souhaite séjourner en France doit, après l'expiration d'un délai de trois mois depuis son entrée en France, être muni d'une carte de séjour. ".

3. Pour motiver la mesure d'éloignement en litige, le préfet de police de Paris mentionne, dans son arrêté du 14 juin 2024, que M. B ne peut justifier d'un titre de séjour pour se maintenir sur le territoire français, alors que ce dernier établit être entré en France le 21 mai 2024, moins d'un mois auparavant et n'était, ainsi pas soumis à l'obligation de détenir un titre de séjour. L'arrêté en litige ne précise pas si M. B est dépourvu d'un document de voyage et ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'il est entré en France sous couvert d'un document de voyage non revêtu du visa prévu par les articles L. 311-1 à L. 311-2, L. 312-1 à L. 312-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'il ne peut se prévaloir des stipulations conventionnelles passées entre le pays dont il est ressortissant et la France ou l'Union Européenne portant exemption de l'obligation de visa ou s'il ne s'est pas conformé aux stipulations précitées du code frontières Schengen. En l'absence de précisions sur les motifs pour lesquels M. B peut être regardé comme étant en situation irrégulière sur le territoire français, le préfet de police de Paris n'a pas mis à même l'intéressé de connaître les fondements de la décision portant obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué ne peut qu'être accueilli.

4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 14 juin 2024 portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

Sur les frais liés au litige :

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B, qui n'est pas représenté par un avocat, présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet de police de Paris du 14 juin 2024 est annulé.

Article 2 : Les conclusions présentées par M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 18 octobre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

C. Grenier La greffière,

Signé

O. El Moctar La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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