Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411095
vendredi 2 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2411095 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 juillet 2024, M. B C A, représenté par Me Semak, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de la décision du 12 avril 2024 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à toute autorité administrative compétente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente du jugement d'annulation à intervenir, et ce, dans le délai de 5 jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 600 euros hors taxe au titre des frais liés à l'instance en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est présumée remplie, dès lors qu'il s'agit d'un refus de renouvellement de titre de séjour, qu'en outre il est exposé à la perte de son emploi comme l'a informé son employeur dans un courrier en date du 5 juillet 2024, qu'il s'est vu reconnaitre la qualité de travailleur handicapé et qu'il doit faire face à ses obligations locatives, et que sa pathologie l'oblige à poursuivre son traitement sans interruption ;
Les moyens suivants sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure viciée en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour, en l'absence de production de l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), le privant d'une garantie essentielle, en raison de l'impossibilité de vérifier la compétence des médecins signataires de l'avis médical, de vérifier l'existence et les mentions du rapport du médecin de l'OFII et sa transmission au collège des médecins pour avis ainsi que la compétence du médecin ayant rédigé le rapport médical ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il ne peut accéder aux soins essentiels à son état de santé dans son pays d'origine ;
- elle méconnait l'autorité de la chose jugée, notamment par la cour administrative d'appel de Versailles, en ce qu'il n'y a aucun changement dans les circonstances de fait et de droit quant à la gravité de son état de santé et à l'absence d'accès aux soins au Nigéria ;
- elle est entachée d'une erreur de droit tirée du défaut d'exercice du pouvoir d'appréciation par le préfet, dès lors qu'il s'est cru lié par l'avis rendu par le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle et professionnelle, ainsi que sur sa santé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Viain, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C A, ressortissant nigérian né le 22 avril 1963, est entré en France le 25 février 2014 et a été mis en possession de plusieurs titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", depuis le 13 septembre 2016, dont le dernier a expiré le 18 janvier 2024. Il en a sollicité le renouvellement et par une décision en date du 12 avril 2024, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande. Par requête susvisée, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. En l'état de l'instruction, les moyens soulevés par le requérant, tels que visés dans la présente ordonnance, n'apparaissent pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant à l'urgence est remplie, il y a lieu de rejeter la requête, y compris ses conclusions tendant au prononcé d'une injonction et celles tendant au versement d'une somme au titre des frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A, au préfet du Val-d'Oise et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Cergy, le 2 août 2024.
Le juge des référés,
Signé
T. Viain
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.