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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2411107

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411107

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2411107
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantBOGLIARI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance de renvoi n° 2328201 du 23 juillet 2024, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête de M. A B, enregistrée le 8 décembre 2023.

Par cette requête enregistrée au greffe du tribunal de Cergy-Pontoise le 23 juillet 2024, M. B, représenté par Me Bogliari, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2023 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays d'éloignement ;

3°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation à compter de la notification du jugement à intervenir.

Il soutient que l'arrêté attaqué :

- est entaché d'un défaut d'examen sérieux et complet de sa situation personnelle ;

- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il craint pour sa sécurité en cas de retour dans son pays d'origine ;

- est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné Mme Bocquet, conseillère, en qualité de juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Bocquet, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibérée, présentée par M. B, a été enregistrée le 27 septembre 2024 et non communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant mauritanien né le 31 octobre 1985, est entré sur le territoire français le 13 septembre 2021 selon ses déclarations. Il a sollicité le 13 septembre 2021 l'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), demande rejetée le 18 juillet 2022, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 22 août 2023, notifiée le 31 août 2023. Par un arrêté du 14 novembre 2023, dont M. B demande l'annulation, le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays d'éloignement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ne ressort pas des pièces du dossier, en particulier des termes de l'arrêté contesté que le préfet n'aurait pas examiné la situation personnelle de M. B. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen sérieux et complet de sa situation personnelle, au demeurant non assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, doit être écarté.

3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

4. M. B, entré en France selon ses déclarations le 13 septembre 2021 n'assortit pas le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par ailleurs, il ne démontre aucune insertion particulière à la société française. En outre, sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 18 juillet 2022 de l'OFPRA, confirmée par une décision de la CNDA du 22 août 2023, notifiée le 31 août 2023. En outre, s'il produit par une note en délibéré des cartes de résident de personnes réfugiées qu'il présente comme des membres de sa famille, il n'apporte aucun élément permettant d'établir une telle parenté. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet a porté atteinte à sa vie privée et familiale et a entaché son arrêté d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle. Dès lors ces moyens ne peuvent qu'être écartés.

5. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

6. M. B, dont la demande d'asile a par ailleurs été rejetée par l'OFPRA et par la CNDA, soutient qu'il risque de faire l'objet de persécutions dans son pays d'origine. Toutefois, ce moyen n'est opérant que contre la décision fixant le pays de renvoi. En outre, il n'apporte aucune précision permettant d'apprécier la réalité et l'actualité d'un risque d'être soumis à un traitement contraire à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations ne peut qu'être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de police du 14 novembre 2023 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives à son admission à l'aide juridictionnelle provisoire ainsi qu'aux frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Bogliari et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.

La magistrate désignée,

signé

P. BocquetLa greffière,

signé

M. C

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0

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