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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2411110

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411110

mardi 20 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2411110
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantVRIONI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. A, ressortissant mauritanien, qui contestait l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine ordonnant son transfert aux autorités espagnoles, responsables de sa demande d'asile en vertu du règlement (UE) n° 604/2013. Le requérant invoquait son souhait de rester en France, sa méconnaissance de l'espagnol et l'absence d'attaches en Espagne pour demander l'application de la clause discrétionnaire de l'article 17 du règlement. Le tribunal a jugé que ces allégations, évasives et non étayées, ne constituaient pas une erreur manifeste d'appréciation de la part du préfet, rappelant que cette clause ne confère aucun droit au demandeur d'asile. La décision confirme le transfert vers l'Espagne.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 juillet 2024, M. A, représenté par Me Vrioni, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 juillet 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a prononcé son transfert aux autorités espagnoles, responsables de sa demande d'asile ;

Il soutient que :

- il est venu en France pour y trouver refuge en qualité de soldat déserteur de grade " sergent-chef de l'armée mauritanienne ;

- il est dépourvu d'attaches en Espagne et ne maîtrise pas l'espagnol ;

- il se sent bien en France dont il maîtrise la langue et a même été formé par l'armée française de sorte qu'il souhaite y demander l'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et communique les pièces constitutives du dossier du requérant.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Zaccaron Guérin, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Zaccaron Guérin,

- et les observations de Me Vrioni, avocate désignée d'office, qui reprend et précise les conclusions et moyens du requérant et fait valoir que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 susvisé ;

Le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent ni représenté.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant mauritanien né le 12 avril 1993 a introduit une demande d'asile en France. La consultation du fichier " Eurodac " a révélé que ses empreintes avaient été préalablement enregistrées par les autorités espagnoles. La demande de prise en charge adressée aux autorités de ce pays, le 22 mai 2024, a été implicitement acceptée le 23 juillet 2024. Par un arrêté du 23 juillet 2024, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet des Hauts-de Seine a prononcé son transfert aux autorités espagnoles.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ". La faculté laissée par ces dispositions à chaque État membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

3. M. A fait valoir qu'il souhaite rester en France parce qu'il s'y sent bien et qu'il ne maîtrise en revanche pas la langue espagnole et qu'il ne dispose en outre, d'aucune attache en Espagne où a été ordonné son transfert. Il ajoute qu'il a été formé par l'armée française et qu'il souhaite y trouver asile. Toutefois, d'une part, ses allégations sont particulièrement évasives et ne sont assorties d'aucune pièce justificative et d'autre part, le règlement du 26 juin 2023, qui a pour objet de garantir aux ressortissants étrangers un examen circonstancié de leur demande d'asile, ne leur permet pas de choisir, parmi les Etats membres, celui qui sera responsable de cet examen. Par suite, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de la clause discrétionnaire prévue par l'article 17 précité. Ce moyen ne peut ainsi qu'être écarté.

4. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine en date du 23 juillet 2024.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Hauts-de-Seine.

Copie en sera adressée au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 août 2024.

La magistrate désignée,

Signé

C. Zaccaron Guérin La greffière,

Signé

Z.Bouayyadi

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 24111102

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