Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411144

mercredi 14 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2411144
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a été saisi par Mme B pour suspendre la décision du préfet du Val-d'Oise du 27 juin 2024 clôturant sa demande de renouvellement de carte de séjour. La requérante s'est désistée de ses conclusions principales après que le préfet lui a délivré une convocation et une attestation de prolongation d'instruction. Le tribunal a donné acte de ce désistement et a condamné l'État à verser 500 euros à Mme B au titre des frais de justice, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Baouz, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision en date du 27 juin 2024, par laquelle le préfet du Val-d'Oise a clôturé sa demande de renouvellement de carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une convocation à un rendez-vous, d'enregistrer sa demande de titre de séjour, d'examiner cette demande de renouvellement de carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " et de lui délivrer un récépissé ou une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, dans l'attente du jugement au fond et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

1/ la condition d'urgence est présumée remplie, dès lors qu'il s'agit d'un refus de renouvellement de titre de séjour la plaçant dans une situation irrégulière sur le territoire français, l'exposant à un risque de mesures d'éloignement et l'empêchant d'exercer son activité professionnelle ;

2/ plusieurs moyens sont de nature à faire naitre un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen sérieux de sa demande ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, en ce qu'elle a estimé que sa demande ne pouvait pas être examinée sur le fondement des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives aux étrangers conjoints de français ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 août 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées par la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que la requérante s'est vu délivrer une convocation pour se présenter à la sous-préfecture de Sarcelles dans le cadre de sa demande de titre de séjour et qu'elle est titulaire d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 12 septembre 2024.

Par un mémoire enregistré le 13 août 2024, Mme B se désiste partiellement de sa requête et n'entend maintenir que ses conclusions au titre des frais liés à l'instance.

Vu :

- la requête n° 2411145, enregistrée le 31 juillet 2024, par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision en litige ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 14 août 2024 à

10 heures 00.

A été entendu au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Phu, greffière d'audience, le rapport de Mme Lepetit-Collin, juge des référés.

Les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante congolaise née le 15 février 1988 à Kinshasa, est entrée en France le 22 septembre 2018 munie d'un visa de type D délivré en sa qualité de conjointe d'un ressortissant français. Elle a par la suite été mise en possession de plusieurs titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dont le dernier a expiré le 4 mai 2024. Le 11 avril 2024, elle a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " sur le téléservice de l'administration numérique pour les étrangers en France. Elle a ensuite été mise en possession d'attestations de prolongation d'instruction dont la dernière a expiré le 12 septembre 2024. Le 1er juillet 2024, elle a reçu sur le téléservice de l'ANEF d'un message électronique en date du 27 juin 2024, l'informant de la clôture de sa demande. Par la présente requête, Mme B, demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.

Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte :

2. Par mémoire enregistré le 13 août 2024, Mme B a informé le tribunal de son désistement de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte. Ce désistement partiel est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais liés à l'instance :

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme 500 euros à verser à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de la requête de Mme B aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte.

Article 2 : L'Etat versera la somme de 500 euros à Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 14 août 2024.

La juge des référés,

Signé

H. Lepetit-Collin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.