Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411224
lundi 5 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2411224 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er août 2024, M. B A, représenté par Me Vissher, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous dans un délai de deux semaines, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour durant toute la durée d'examen de sa demande de délivrance de titre de séjour, et valable depuis l'expiration de sa dernière carte de séjour temporaire, soit le 21 juin 2023 ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il s'agit d'un renouvellement de son titre de séjour et qu'il ne peut plus travailler sans titre, alors qu'il vient de créer son autoentreprise de massage sportif, qu'il a de grandes difficultés à trouver une clientèle suffisante pour subvenir à ses besoins, que tous les clients institutionnels refusent de travailler avec lui et qu'il se trouve ainsi dans une grande précarité matérielle ;
- il n'y a pas d'autre voie de recours qui s'offre à lui ;
- les graves et permanentes carences de l'administration dans le traitement de sa demande entraînent une discontinuité et un dysfonctionnement du service public et constituent une rupture d'égalité dans l'accès aux services publics.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Viain, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant kenyan né le 3 novembre 1985, a été mis en possession d'une carte de résident en qualité de réfugié, valable du 29 juillet 2011 au 28 juillet 2021. Après plusieurs tentatives infructueuses de renouvellement de son titre de séjour, M. A, par la requête susvisée, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous dans un délai de deux semaines.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". D'autre part, l'article L. 522-3 du même code précise que " lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous dans les plus brefs délais, M. A fait valoir que l'urgence est présumée, dès lors qu'il s'agit d'une demande de renouvellement. Toutefois, le requérant reconnaît lui-même avoir effectué sa demande de renouvellement après l'expiration de son précédent titre de séjour. Sa demande doit donc être regardée comme une première demande de titre. S'il se prévaut également d'une impossibilité de travailler sans titre de séjour alors qu'il vient de créer son autoentreprise de massage sportif, qu'il a de grandes difficultés à trouver une clientèle suffisante et qu'il se trouve dans une grande précarité matérielle, il n'apporte aucun élément à l'appui de ces affirmations ni aucune précision quant aux difficultés financières dans lesquelles il se trouverait. Dans ces circonstances, M. A ne peut être regardé comme justifiant, à la date de la présente ordonnance, de l'existence d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-3 précité.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris dans ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera transmise au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 5 août 2024.
Le juge des référés,
Signé
T. Viain
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.