Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411270
mardi 6 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2411270 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 août 2024 M. B A, représenté par
Me Giudicelli-Jahn, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision en date du 25 mars 2024 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de regroupement familial au profit de épouse et de son enfant ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise à procéder au réexamen de sa demande de regroupement familial dans l'attente de l'examen de sa demande et du jugement au fond ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés dans la présente instance et non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision porte atteinte à son droit au respect à sa vie privée et familiale ; en effet, outre qu'il ne peut participer à l'entretien et à l'éducation de son enfant, alors que son épouse ne travaille pas, il ne peut se rendre souvent en Egypte souvent pour voir sa famille, ce qui porte atteinte à sa santé mentale ;
- plusieurs moyens sont de nature à faire naitre un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 434-4 et L. 434-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2407239, enregistrée le 21 mai 2024, par laquelle M.A demande l'annulation de la décision en cause.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huon, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant égyptien né le 1er août 1989, est titulaire d'un titre de séjour valable jusqu'au 15 mars 2027. Il a déposé une demande de regroupement familial en faveur de son épouse Mme D et de son enfant C A, le 26 septembre 2022 auprès de l'office français de l'immigration et de l'intégration. Par une décision en date du 25 mars 2024, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de regroupement familial, motif pris de l'insuffisance de ressources de M. A. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
4. Pour justifier de l'existence d'une situation d'urgence, M. A se prévaut de la séparation avec son épouse et son fils, de l'absence de travail de son épouse et de la détérioration de son état mental causé par cet éloignement. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que
M. A ne justifie ni de la situation de précarité de son épouse et de son fils ni, le cas échéant, de l'impossibilité leur apporter une aide financière. Par ailleurs, le requérant ne justifie pas davantage de sa détresse psychologique alléguée ni, alors qu'il s'est marié en Egypte en 2021, de l'impossibilité se rendre régulièrement dans ce pays afin de visiter sa famille. Ainsi, les circonstances qu'ils invoque ne permettent pas de caractériser une situation au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède qu'en l'absence d'urgence, et sans qu'il soit besoin d'examiner s'il existe au regard des moyens invoqués un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. A en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Cergy-Pontoise, le 6 août 2024.
Le juge des référés,
Signé
C. Huon
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.