lundi 19 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2411279 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | VRIONI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 août 2024, Mme A B demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 31 juillet 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a décidé de la transférer aux autorités espagnoles pour l'examen de sa demande d'asile ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d'enregistrer sa demande d'asile à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- il n'est pas établi qu'elle se soit vu délivrer les informations prévues à l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 dès le début de la procédure et dans une langue qu'elle comprend ;
- il n'est pas établi que l'entretien individuel a été conduit par une personne qualifiée et dans le respect des garanties prévues à l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas produit un mémoire en défense.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Louazel, conseillère, pour statuer sur les litiges relevant du contentieux des décisions de transfert vers l'État responsable de l'examen de la demande d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 août 2024 à 10h30 :
- le rapport de Mme Louazel, magistrate désignée ;
- les observations de Me Vrioni, représentant Mme B, en sa présence, assistée de M. C, interprète, qui rappelle le contexte et le parcours d'asile de la requérante, sa situation familiale, en particulier la présence de sa mère et de sœur sur le territoire français, et invoque un nouveau moyen tiré de la méconnaissance dispositions de l'article 16 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ou, à tout le moins une erreur manifeste d'appréciation au regard du contexte familial tel que précisé ;
- et les observations de Mme B, qui a répondu aux questions de la magistrate désignée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante mauritanienne née le 31 décembre 1998, est entrée en France le 15 juin 2024. Elle a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile auprès des services de la préfecture des Hauts-de-Seine le 3 juillet 2024. La consultation du fichier Eurodac ayant révélé que ses empreintes digitales avaient été enregistrées en Espagne le 12 juin 2024, les autorités de cet Etat ont été saisies le 8 juillet 2024 par les autorités françaises au titre de la procédure de détermination de l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile. Les autorités espagnoles ont accepté de se considérer responsables de cette demande par un accord implicite du 23 juillet 2024. Par un arrêté du 31 juillet 2024, le préfet de Hauts-de-Seine a décidé de remettre Mme B aux autorités espagnoles pour l'examen de sa demande d'asile. L'intéressée demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme B, il y a lieu de prononcer son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'État membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'État membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité () ".
5. Il résulte de ces dispositions que la faculté laissée à chaque État membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant ou une ressortissante de pays tiers, ou un ou une apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement précité, est discrétionnaire et ne constitue pas un droit pour les demandeurs et demandeuses d'asile.
6. Il ressort des pièces du dossier et des déclarations à l'audience que Mme B est entrée en France afin d'échapper à un mariage forcé et solliciter, par conséquent, son admission au titre de l'asile. L'intéressée se prévaut de la présence sur le territoire français de sa mère, Mme E B, laquelle s'est vu reconnaître la qualité de réfugiée et est par conséquent titulaire d'une carte de résidente, valable du 22 juin 2021 au 21 juin 2031. Le lien de filiation allégué entre les deux femmes n'est nullement contesté par le préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a pas produit de mémoire en défense. Mme B explique être entièrement prise en charge par sa mère, qui l'héberge et pourvoit à ses besoins, ce que cette dernière confirme à l'audience. La requérante ajoute que sa sœur, également titulaire d'une carte de résidente, et ses oncles maternels sont présents sur le territoire. Par suite, dans les circonstances très particulières de l'espèce, et alors que l'éloignement de la jeune femme vers l'Espagne la placerait dans une situation d'isolement et de vulnérabilité, le préfet des Hauts-de-Seine, qui ne conteste pas avoir été mis au courant de la situation familiale de l'intéressée, a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en décidant de transférer le requérant vers ce pays sans faire application de la clause discrétionnaire prévue par les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 17 juillet 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a décidé de son transfert aux autorités espagnoles pour l'examen de sa demande d'asile.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
8. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution de la présente décision implique nécessairement le traitement de la demande d'asile de Mme B en France. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d'enregistrer la demande d'asile de Mme B dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente décision. Il n'y a pas lieu, à ce stade, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 31 juillet 2024 du préfet des Hauts-de-Seine portant transfert de Mme B aux autorités espagnoles en vue de l'examen de sa demande d'asile est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine d'enregistrer la demande d'asile de Mme B dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à Mme A B et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu publique par mise à disposition au greffe le 19 août 2024.
La magistrate désignée,
signé
M. LOUAZEL
Le greffier,
signé
M. D
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026