mardi 20 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2411293 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | VRIONI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 août 2024, M. B, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 juillet 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a assigné à résidence dans le département du Val-d'Oise pour une durée de 45 jours, renouvelable deux fois, en l'obligeant à se présenter une fois par semaine les samedis entre 9 heures et 11 heures, y compris lorsqu'ils seront chômés ou fériés, au commissariat de police de Cergy et lui a interdit de se déplacer en dehors du département du Val-d'Oise, sans autorisation.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est a été pris au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il a signé ce document avant de prendre connaissance de son contenu ;
- il est entaché d'un défaut d'examen approfondi de sa situation personnelle ;
- les propos tenus lors de son audition ont été inexactement retranscrit dans le procès-verbal dressé, en particulier, il n'a jamais déclaré être sans domicile fixe dès lors qu'il est hébergé par son frère aîné ;
- contrairement à ce qui a été indiqué dans l'arrêté attaqué, il dispose d'une adresse stable puisqu'il est hébergé chez son frère à Pontoise ;
- la mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 18 avril 2023 n'est plus justifiée aujourd'hui dès lors que sa situation personnelle a changé : il travaille en alternance, et dispose d'attaches importantes en France où réside son frère ainsi que ses amis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 août 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et communique les pièces constitutives du dossier.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Zaccaron Guérin, conformément à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zaccaron Guérin,
- les observations de Me Vrioni, avocate désignée d'office, représentant le requérant qui reprend et précise les moyens du requérant et fait valoir que :
* M. B est entrée en France en 2021 sous couvert d'un visa étudiant pour y suivre un BTS " transport logistique ", qu'il a continué ses études durant deux années et que le préfet du Val-d'Oise a ensuite refusé de renouveler son titre de séjour " étudiant " en raison de nombreuses absences qu'il justifie en réalité par une dépression suite au décès de son père ;
* le requérant n'a pas été en mesure de contester en temps utile la mesure d'éloignement prononcée à son encontre ;
* l'arrêté portant assignation à résidence porte atteinte à sa liberté d'aller et venir ;
* il est entaché d'un défaut d'examen approfondi de sa situation actuelle dès lors qu'il habite chez son frère et peut justifier des certificats d'hébergement ;
* il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation actuelle dès lors qu'il est désormais inscrit à Paris Vincennes en année de Bachelor pour des études de commerce et que si la mesure d'assignation à résidence devait être maintenue, il ne pourrait pas de rendre sur place pour démontrer qu'il entreprendra des démarches en vue de régulariser sa situation et obtenir un titre de séjour.
- et les observations de M. B, qui fait valoir que le motif de sa garde à vue n'est pas fondé, que ses propos ont été déformés dans le procès-verbal d'audition, qu'il a cherché à prendre l'attache d'un avocat pour contester la mesure d'éloignement prise à son encontre mais que celui-ci proposait de facturer cette prestation à hauteur de 1 400 euros, somme qu'il ne pouvait payer en raison de sa situation d'indigence.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant gabonais né le 26 février 1999, demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 28 juillet 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a assigné à résidence dans le département du Val-d'Oise pour une durée de 45 jours, renouvelable deux fois, en l'obligeant à se présenter une fois par semaine les samedis entre 9 heures et 11 heures, y compris lorsqu'ils seront chômés ou fériés, au commissariat de police de Cergy et lui a interdit de se déplacer en dehors du département du Val-d'Oise, sans autorisation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme A C, sous-préfète chargée de mission auprès du préfet du Val-d'Oise, secrétaire générale adjointe de la préfecture du Val-d'Oise, qui bénéficiait, par arrêté n°23-039, d'une délégation à l'effet notamment de signer les " arrêtés, décisions ou toutes mesures concernant l'éloignement des étrangers en situation irrégulière sur le territoire national " au nombre desquels figurent les assignations à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit dès lors être écarté.
3. En deuxième lieu, les moyens soulevés par M. B à l'encontre de la mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 18 avril 2023, et tiré de ce qu'il n'a pas été en mesure de contester cette mesure en temps utile et qu'elle n'est en outre, plus justifiée aujourd'hui, sont inopérants dès lors que l'arrêté attaqué porte uniquement sur une assignation à résidence et qu'au surplus, la légalité d'un acte administratif s'apprécie à la date de son édiction. Par suite, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.
4. En troisième lieu, alors que les mentions contenues dans les procès-verbaux d'audition produit par le préfet en défense font foi jusqu'à preuve contraire, M. B, qui se borne à soutenir, par des allégations imprécises que ses propos ont été déformés, qu'il a signé ce document sans avoir pris connaissance de son contenu, ne peut être regardé comme apportant cette preuve contraire. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
5. En quatrième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des autres pièces du dossier, que le préfet du Val-d'Oise n'aurait pas procédé à un examen approfondi de sa situation personnelle, préalablement à l'édiction de cet arrêté. Par suite, ce moyen doit également être écarté.
6. En dernier lieu, si M. B justifie être hébergé par son frère dans un logement sis à Pontoise, de sorte que, contrairement à ce qui est mentionné dans l'arrêté attaqué, il doit être regardé comme disposant d'une adresse stable, cette circonstance n'est pas suffisante, pour regarder l'arrêté attaqué comme portant une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir ni comme étant entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il se borne à contraindre l'intéressée à résider dans le département du Val-d'Oise et que celui-ci pourra donc, le temps d'exécuter la mesure d'éloignement prononcée à son encontre, continuer à résider chez son frère.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Val-d'Oise en date du 28 juillet 2024.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D E B et au préfet du Val-d'Oise.
Copie en sera adressée au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 août 2024.
La magistrate désignée,
Signé
C. Zaccaron Guérin La greffière,
Signé
Z.Bouayyadi
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24112932
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026