Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411303
lundi 5 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2411303 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 août 2024, M. A B, représenté par Me Chevallier, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté n°2024/1767 du 25 juillet 2024 pris par la commune de Rueil-Malmaison portant refus d'une demande de régularisation de travaux par déclaration préalable ;
2°) d'enjoindre à la commune de Rueil-Malmaison de délivrer la non-opposition à déclaration préalable sollicitée, ou à défaut d'instruire à nouveau sa demande, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée, dès lors que le tribunal judiciaire de Nanterre, à l'issue de l'audience qui interviendra le 8 novembre 2024, pourrait ordonner la démolition des travaux réalisés, à savoir une véranda en extension d'une pièce de son domicile ;
- les moyens suivants sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :
- cet arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- l'interprétation de la règle d'urbanisme par la commune de Rueil-Malmaison est erronée en ce qu'elle qualifie à tort la véranda litigieuse de pièce principale alors qu'elle s'apparente à une pièce ou baie secondaire.
Vu :
- la requête n° 2411369 enregistrée le 2 août 2024 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. d'Argenson, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. A l'appui de sa requête, M. B indique se trouver dans une situation d'urgence dès lors que le tribunal judiciaire de Nanterre, à l'issue de l'audience correctionnelle qui interviendra le 8 novembre 2024, pourrait ordonner la démolition de la véranda litigieuse. Toutefois, il ressort des écritures de l'intéressé que celui-ci, suite au refus de la commune de Rueil-Malmaison, par arrêtés des 31 août 2017 et 19 octobre 2017, de faire droit à ses demandes de déclaration préalable pour les travaux relatifs à sa véranda, a délibérément et en méconnaissance de ces arrêtés, qu'il n'a pas contestés en justice, procédé à ces travaux, résultant en l'ouverture d'une procédure pénale à son encontre. Dans ces conditions, M. B ne peut utilement invoquer une situation qu'il a lui-même créée en se mettant lui-même en infraction, situation dont l'urgence ne présente en outre qu'un caractère hypothétique. La condition d'urgence prévue par les dispositions précitées ne peut donc être regardée, en l'espèce, comme remplie.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée à la commune de Rueil-Malmaison.
Fait à Cergy, le 5 août 2024.
Le juge des référés
signé
P.-H. d'Argenson
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.