Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411311

lundi 5 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2411311
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension présentée par M. B. Concernant le refus implicite de délivrance d'un titre de séjour, le juge a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer, une précédente ordonnance ayant déjà suspendu cette même décision. S'agissant du refus de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction, les conclusions ont été jugées manifestement irrecevables, un tel refus n'étant pas une décision susceptible de faire l'objet d'un recours en excès de pouvoir.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 août 2024, M. A C B, représenté par Me Sangue, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour au titre de la protection subsidiaire et refusé de prolonger son attestation d'instruction ayant expiré le 28 juillet 2024 ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer le titre sollicité, ou à défaut de réexaminer sa situation, dans un délai de 8 jours, et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il est placé en situation irrégulière sur le territoire français ; qu'en outre, son contrat de travail a été suspendu en raison de sa situation administrative précaire et qu'enfin, il est désormais démuni de toute autorisation d'exercer une activité professionnelle alors qu'il a obtenu la protection internationale il y a plus de trois ans ;

- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :

S'agissant du refus de titre de séjour :

- il a été pris en violation des dispositions des articles R. 424-9 et R. 424-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il peut bénéficier d'un titre de séjour de plein droit en sa qualité de réfugié ;

- il a été pris en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

S'agissant du refus de renouvellement de l'attestation de prolongation d'instruction :

- il est entaché d'un défaut de motivation et d'examen de sa situation ;

- il a été pris en violation des dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'à sa convocation en date du 11 avril 2024, aucun récépissé ne lui a été délivré alors que son dossier est en cours de traitement par les services de la préfecture des Hauts-de-Seine.

Vu :

- la requête n° 2405746 enregistrée le 22 avril 2024 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision contestée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. d'Argenson, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette d'urgence sera, en principe, constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme dans le cas d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas parmi lesquels figurent les demandes de changement de fondement de titre de séjour, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

En ce qui concerne le recours dirigé contre le refus implicite de délivrance d'un titre de séjour :

3. Par une ordonnance n° 2405748 du 7 mai 2024, le juge des référés du tribunal administratif de céant a suspendu l'exécution de la même décision que celle contestée dans la présente instance. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension de l'exécution du refus implicite de délivrer un titre de séjour à M. B.

En ce qui concerne le recours dirigé contre le refus de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction :

4. Le refus par l'administration de délivrer une attestation de prolongation d'instruction n'est pas une décision susceptible de faire l'objet d'un recours en excès de pouvoir. Les conclusions tendant à la suspension de la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de délivrer une nouvelle attestation de prolongation d'instruction à M. B sont donc manifestement irrecevables. Il appartient en revanche à l'intéressé, s'il s'y croit fondé, de saisir la juridiction administrative par la voie du référé dit " mesure utile ", sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée dans toutes ses conclusions par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de délivrer à M. B un titre de séjour au titre de la protection subsidiaire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. M. A C B.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine

Fait à Cergy, le 5 août 2024.

Le juge des référés

signé

P.-H. d'Argenson

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.