Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411316

lundi 5 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2411316
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. C époux A. Ce dernier demandait au juge des référés d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, le délai d'attente d'un mois depuis l'information de la plateforme ANEF n'étant pas anormalement long pour une première demande. La requête a donc été rejetée sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 août 2024, M. B C époux A, représenté par Me Perrimond, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui accorder un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, dans un délai de 5 jours et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ainsi qu'un récépissé l'autorisant à travailler ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors qu'il se trouve désormais en situation irrégulière, qu'il est placé dans un état d'insécurité juridique et qu'il est menacé d'être séparé de son conjoint ;

- la demande est utile dès lors que ses tentatives de joindre la préfecture sont restées vaines ;

- le refus de lui accorder un rendez-vous méconnait l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. d'Argenson, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Pour justifier de l'urgence et de la nécessité de prononcer l'injonction sollicitée, M. C époux A soutient qu'il se trouve désormais en situation irrégulière et qu'il est de ce fait placé dans un état d'insécurité juridique et menacé d'être séparé de son conjoint. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a été destinataire d'un message de la plateforme ANEF daté du 11 juillet 2024, soit depuis moins d'un mois à la date du présent recours, l'informant qu'un rendez-vous allait lui être proposé. La circonstance que l'intéressé n'ait pas encore reçu de proposition pour ce rendez-vous ne constitue pas un délai anormalement long de traitement de sa demande, s'agissant en particulier d'une première demande de titre de séjour. Dans ces conditions, alors que l'intéressé n'invoque en outre aucun projet professionnel, la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée par M. C époux A ne peut être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C époux A doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C époux A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C époux A.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 5 août 2024.

Le juge des référés

signé

P.-H. d'Argenson

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.