mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2411841 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GULER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 12 et 26 août 2024, Mme A C, représentée par Me Guler, avocat désigné d'office, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 26 juillet 2024 par laquelle la directrice de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa situation, de lui faire une offre de prise en charge, de procéder à l'entretien prévu à l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de lui fournir les conditions matérielles d'accueil à compter de la date de l'enregistrement de sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que
- la décision lui refusant le rétablissement des conditions matérielles d'accueil a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'aucun entretien individuel n'a été réalisé ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'aucune information, aucune offre de prise en charge ni d'évaluation de sa vulnérabilité n'ont été effectuées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elle méconnait l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- elle méconnait les articles 21 et 22 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 dès lors que sa vulnérabilité n'a pas été prise en compte ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegardes des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 août 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Beaufaÿs, premier vice-président, en application des dispositions des articles L. 921-1 et L. 555-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 27 août 2024 :
- le rapport de M. Beaufaÿs, magistrat désigné ;
- et les observations de Mme C, représentée par Me Guler, avocat désigné d'office ;
- le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissante pakistanaise née le 22 avril 1992, a sollicité l'asile le 2 mai 2023 et a accepté le même jour les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) pour elle-même et sa famille. Elle a été orientée vers un hébergement situé à Bidos (64) mais ne s'y est pas rendue. Le 15 mai 2023, l'OFII a informé l'intéressé de son intention de mettre fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Le 9 juin 2023, l'OFII a décidé de la cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif que la requérante n'avait pas rejoint le lieu d'hébergement vers lequel elle avait été orientée. La requérante a demandé le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil le 16 mai 2024. Par une décision du 26 juillet 2024, dont Mme C demande l'annulation, l'OFII a refusé de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision attaquée est revêtue de la signature " Pour le directeur général et par délégation " de Mme B D " responsable du bureau de d'asile de l'OFII à Cergy ". En vertu de la décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 14 février 2019 portant délégation de signature, publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur (BOMI) n° 2019-03 du 15 mars 2019, Mme D avait qualité pour signer " tous les documents relatifs à l'asile dont elle a la charge ". Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit donc être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, la décision en litige, qui vise les textes dont elle fait application et énonce qu'après examen de ses besoins et de sa situation personnelle et familiale, la demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil présentée par la requérante est rejetée, comporte un énoncé suffisamment précis des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort ni cette motivation de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier qu'avant de refuser de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à Mme C, l'OFII n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle au regard notamment de sa vulnérabilité. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle de la requérante doit être écarté.
5. En quatrième lieu, il résulte des pièces du dossier et notamment des éléments produits en défense par l'OFII que les moyens tirés de ce que, d'une part, aucune information, aucune offre de prise en charge ni d'évaluation de sa vulnérabilité n'ont été effectuées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration avant qu'il soit mis fin à ses conditions matérielles d'accueil et, d'autre part, qu'aucun entretien individuel de vulnérabilité n'a été réalisé avant le refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil demandé, manquent en fait et doivent, par suite, être écartés.
6. En cinquième lieu, d'une part, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". D'autre part, aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. / Lors de l'entretien personnel, le demandeur est informé de sa possibilité de bénéficier de l'examen de santé gratuit prévu à l'article L. 321-3 du code de la sécurité sociale. "
7. Il ressort des pièces du dossier que l'avis émis par le médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 22 juillet 2024 a déclaré Mme C au niveau 1 de vulnérabilité, en indiquant une " priorité pour un hébergement, sans caractère d'urgence " et a préconisé pour les problèmes de santé rencontrés par l'intéressée un suivi médical notamment en Centre médico-psychologique sans préconisation particulière. Si Mme C, présente sur le territoire français depuis avril 2023, fait valoir des difficultés d'hébergement, un accouchement vécu dans des conditions de grande précarité et des difficultés d'accès aux moyens de subsistance depuis cette date, elle n'apporte pas d'éléments au soutien de sa requête, alors qu'elle a déclaré en mai 2023 être hébergée par une famille bangladaise et a indiqué lors de son entretien du 21 juin 2024 qu'elle était toujours hébergée par cette famille à Sarcelles où elle a été rejointe par son époux. Ainsi, Mme C n'est pas fondée à soutenir qu'en refusant par la décision contestée de lui rétablir les conditions matérielles d'accueil, le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa vulnérabilité et des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle, ni porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Les moyens ainsi invoqués doivent donc être écartés.
8. Enfin, eu égard à l'objet de la décision attaquée, qui porte refus de rétablir les conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait la requérante, celle-ci ne peut en tout état de cause utilement invoquer la contrariété des dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avec l'articles 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013, dès lors que ces dispositions portent sur les cas dans lesquels le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être totalement ou partiellement refusé.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme C doivent être rejetées ainsi que celles à fin d'injonction.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 10 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
F. Beaufaÿs La greffière,
Signé
Z. Bouayyadi La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026