Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411848

jeudi 29 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2411848
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a fait droit à la demande du Centre des monuments nationaux. Cette demande, fondée sur l'article 7 de la loi du 29 décembre 1892, visait à faire désigner un expert pour dresser d'urgence un état des lieux contradictoire d'une parcelle privée. Cette parcelle doit être occupée temporairement pour des travaux de sécurité et de préservation des étangs de Ville-d'Avray, sur autorisation préfectorale. Le juge a désigné un expert pour constater l'état du terrain avant l'occupation, conformément aux dispositions de la loi de 1892 et du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 août 2024 sous le n° 2411848, le Centre des monuments nationaux demande au juge des référés, en application de l'article 7 de la loi du 29 décembre 1892 de désigner un expert ayant pour mission de dresser d'urgence un procès-verbal de constat d'état des lieux avant occupation temporaire de la parcelle cadastrée AE n°532, située 18 rue de la Ronce à Ville d'Avray (92410), mentionnée dans l'arrêté du 8 août 2024 du préfet des Hauts-de-Seine autorisant l'occupation de cette parcelle, propriété privée, afin de réaliser des travaux de sécurité et de préservation des étangs de la Ville-d'Avray et de ses zones d'accès.

Elle soutient que :

- la désignation d'un expert est nécessaire, afin d'être en mesure de réaliser l'état des lieux d'entrée sur cette parcelle dans les meilleurs délais pour respecter les impératifs calendaires ;

- l'expert pourra, en cas de refus par le propriétaire ou son représentant de signer un état des lieux, dresser un procès-verbal en urgence.

Vu :

- l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 8 août 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi du 29 décembre 1892 relative aux dommages causés à la propriété privée par l'exécution des travaux publics ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Beaufaÿs, premier vice-président du tribunal, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 531-1 du code de justice administrative : " S'il n'est rien demandé de plus que la constatation de faits, le juge des référés peut, sur simple requête qui peut être présentée sans ministère d'avocat et même en l'absence d'une décision administrative préalable, désigner un expert pour constater sans délai les faits qui seraient susceptibles de donner lieu à un litige devant la juridiction. ".

2. Aux termes de l'article 5 de la loi du 29 décembre 1892 susvisée : " Après l'accomplissement des formalités qui précèdent et à défaut de convention amiable, le chef de service ou la personne à laquelle l'administration a délégué ses droits, fait au propriétaire du terrain, préalablement à toute occupation du terrain désigné, une notification par lettre recommandée, indiquant le jour et l'heure où il compte se rendre sur les lieux ou à s'y faire représenter. Il l'invite à s'y trouver ou à s'y faire représenter lui-même pour procéder contradictoirement à la constatation de l'état des lieux. En même temps, il informe par écrit le maire de la commune de la notification par lui faite au propriétaire. Si le propriétaire n'est pas domicilié dans la commune, la notification est faite conformément aux stipulations de l'article 4. Entre cette notification et la visite des lieux, il doit y avoir un intervalle de dix jours au moins. ". Aux termes de son article 7: " A défaut pour le propriétaire de se faire représenter sur les lieux, le maire lui désigne d'office un représentant pour opérer contradictoirement avec celui de l'administration ou de la personne au profit de laquelle l'occupation a été autorisée. / Le procès-verbal de l'opération qui doit fournir les éléments nécessaires pour évaluer le dommage est dressé en trois expéditions destinées, l'une à être déposée à la mairie, et les deux autres à être remises aux parties intéressées. / Si les parties ou les représentants sont d'accord, les travaux autorisés par l'arrêté peuvent être commencés aussitôt. / Dès le début de la procédure ou au cours de celle-ci le président du tribunal administratif désigne, à la demande de l'administration, un expert qui, en cas de refus par le propriétaire ou par son représentant de signer le procès-verbal ou en cas de désaccord sur l'état des lieux, dresse d'urgence le procès-verbal prévu ci-dessus. / Les travaux peuvent commencer aussitôt après le dépôt du procès-verbal ; en cas de désaccord sur l'état des lieux, la partie la plus diligente conserve néanmoins le droit de saisir le tribunal administratif sans que cette saisine puisse faire obstacle à la continuation des travaux ". En vertu de ces dispositions, le président du tribunal administratif désigne, à la demande de l'administration ou des personnes auxquelles elle délègue ses droits, un expert qui ne dresse d'urgence le procès-verbal qu'en cas de refus par le propriétaire ou par son représentant de signer le procès-verbal de l'opération ou en cas de désaccord sur l'état des lieux.

3. Par un arrêté du 8 août 2024, le préfet des Hauts de Seine, sur le fondement de la loi du 29 décembre 1892 relative aux dommages causés à la propriété privée par l'exécution de travaux publics, a autorisé le Centre des monuments nationaux ainsi que tous agents ou ouvriers des entreprises agissant pour son compte à pénétrer la parcelle cadastrée section AE n°532, située 18 rue de la Ronce à Ville-d'Avray et à l'occuper temporairement pour réaliser un certain nombre de travaux pour une durée de 8 mois.

4. La mesure d'expertise présentée par le Centre des monuments nationaux entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

O R D O N N E :

Article 1er :Monsieur B A, exerçant 13 rue Molitor à Paris (75016) est désigné en qualité d'expert pour dresser d'urgence, avant l'occupation temporaire et ce, en présence du Centre des monuments nationaux et du propriétaire concerné ou de son représentant, un procès-verbal constatant l'état de la parcelle cadastrée AE n°532, située 18 rue de la Ronce à Ville d'Avray (92410).

Article 2 : L'expert, qui prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative, effectuera sa mission dans les conditions prévues à l'article 7 de la loi du 29 décembre 1892 sur les dommages causés à la propriété privée par l'exécution de travaux publics.

Article 3 : L'expert se rendra sur les lieux à la date convenue avec le Centre des monuments nationaux en cas de refus par le propriétaire ou par son représentant de signer le procès-verbal ou en cas de désaccord sur l'état des lieux et la société Homya, propriétaire de la parcelle concernée, en sera préalablement avertie.

Article 4 : Le procès-verbal sera établi en présence du Centre des monuments nationaux et du propriétaire concerné.

Article 5 : L'expert déposera une expédition de son procès-verbal à la mairie de Ville d'Avray. Des expéditions seront remises aux parties intéressées. Une copie sera communiquée pour information au tribunal.

Article 6 : Les frais et honoraires de l'expert seront mis à la charge du Centre des monuments nationaux.

Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée au Centre des monuments nationaux et à la société Homya.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine et au maire de Ville d'Avray.

Fait à Cergy, le 29 août 2024.

Le juge des référés,

Signé

F. BEAUFAŸS

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.