Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411879

lundi 2 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2411879
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A qui demandait l'inscription rétroactive sur la liste des demandeurs d'emploi au 3 mai 2024 et l'indemnisation correspondante. Le juge a estimé que faire droit à cette demande ferait obstacle à l'exécution de la décision du 12 août 2024 par laquelle France Travail avait refusé l'inscription rétroactive, condition non remplie pour l'application de l'article L. 521-3. La requête a été rejetée comme manifestement mal fondée en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 14 août 2024, M. B A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à France Travail la rétroactivité de son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi au lendemain de la date de rupture de son contrat, soit le 3 mai 2024, ainsi que le règlement de son indemnisation à partir de cette date.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A a rompu son contrat avec la société Engie Renouvelables le 2 mai 2024 et s'est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi auprès de France Travail le 10 juillet 2024. Par la présente requête, M. A demande à la juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à France Travail de l'inscrire rétroactivement au 3 mai 2024, sur la liste des demandeurs d'emploi ainsi que l'indemnisation correspondante à partir de cette date.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". L'article L. 522-3 du même code précise que " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Il résulte de l'instruction que M. A a procédé à son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi le 10 juillet 2024, alors que son contrat de travail a été rompu le 2 mai 2024. Par ailleurs, par une décision en date du 12 août 2024, France Travail l'a informé ne pas pouvoir donner suite à sa demande d'inscription rétroactive et lui a indiqué les voies et délais de recours pour contester cette décision. Dans ces conditions, faire droit aux conclusions à fin d'injonction de M. A tendant à ce que le juge des référés enjoigne à France Travail de l'inscrire rétroactivement sur la liste des demandeurs d'emploi et de l'indemniser ferait obstacle à l'exécution de la décision du 12 août 2024 par laquelle France Travail a refusé de faire droit à sa demande. Par suite, la condition posée à l'article L. 521-3 du code de justice administrative, tenant à ce que la mesure demandée ne fasse pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, n'est pas remplie.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. A doit être rejetée par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée à France Travail Île-de-France.

Fait à Cergy, le 2 septembre 2024.

La juge des référés,

Signé

H. Lepetit-Collin

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.