Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411891
vendredi 6 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2411891 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 14 et 21 août 2024,
M. B A, représenté par Me Joory, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet du 14 octobre 2023 de sa demande de carte de résident en qualité de bénéficiaire du statut de réfugié ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer, dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard, sa demande de titre de séjour au titre de l'article L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de le munir d'une autorisation provisoire de séjour, assortie d'une autorisation de travail, jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa demande de délivrance de titre de séjour, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'absence de sa carte de résident l'empêche de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français, qu'il risque de perdre son emploi et d'avoir accès à ses droits sociaux ;
- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que :
- elle est entachée d'une incompétence de son auteur ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L.424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il est en droit d'obtenir un titre de séjour en qualité de réfugié.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 août 2024, le préfet des Hauts-de-Seine produit une convocation pour le 22 août 2024 à la sous-préfecture d'Anthony.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 21 août 2024, M. A maintient sa demande.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2411098, enregistrée le 31 juillet 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Thobaty, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 27 août 2024 à 10 heures.
A été entendu, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière d'audience, le rapport de M. Thobaty, juge des référés.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A, qui a été convoqué pour le
22 août 2024 à la sous-préfecture d'Anthony en vue de compléter son dossier et a été muni d'une attestation de prolongation d'instruction valant autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, ait déposé un dossier à caractère complet. Dans ces conditions, le silence gardé par l'administration sur un dossier incomplet n'a pu faire naître une décision de refus de titre de séjour. Dès lors que la requête au fond n'est pas dirigée contre une décision faisant grief, la requête en référé suspension doit être rejetée comme irrecevable.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 6 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
G. Thobaty
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.