Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2411907
lundi 26 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2411907 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 août 2024, M. B A doit être regardé comme demandant au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'ordonner au préfet du Val-d'Oise de statuer sur sa demande de carte de séjour passeport talent.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- il a déposé sa demande de titre de séjour depuis plusieurs mois et il lui à chaque fois indiqué qu'elle est toujours en cours de traitement ;
- il souhaite commencer son activité professionnelle ;
- ce dysfonctionnement la maintient dans une situation d'irrégularité constitutive d'une situation d'urgence.
Sur l'utilité de la mesure :
- il a essayé de contacter en vain la sous-préfecture d'Argenteuil pour obtenir le traitement de son dossier de demande de titre de séjour.
Sur l'absence d'obstacle à l'exécution d'une décision administrative :
- aucune décision implicite de rejet n'est intervenue en l'espèce dès lors que lui sont délivrées des attestations de prolongation de l'instruction de son dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Fabas, conseillère, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant sénégalais né le 24 janvier 1998, est entré en France, pour la dernière fois, le 10 août 2024. Le 25 décembre 2023, il a présenté une demande de délivrance d'une carte de séjour " passeport talent " auprès de la sous-préfecture d'Argenteuil. Il a ensuite reçu deux attestations de prolongation d'instruction de sa demande et a relancé, en vain, les services de la sous-préfecture le 27 juin 2024. Par la présente requête, l'intéressé doit être regardé comme demandant au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de statuer sur sa demande de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". L'article L. 522-3 dudit code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. En l'espèce, pour justifier de l'urgence de sa situation, M. A, dont il s'agit de la première demande de titre de séjour depuis son arrivée en France le 18 décembre 2023, soutient que le préfet du Val-d'Oise lui a délivré à deux reprises des attestations de prolongation de l'instruction de sa demande de titre de séjour sans toutefois statuer sur celle-ci alors qu'il l'a déposée, complète, le 25 décembre 2023. Il fait également valoir que l'absence de délivrance d'un titre de séjour l'empêche de poursuivre son activité professionnelle. Toutefois, il ressort des pièces versées à l'instance que la dernière attestation de prolongation d'instruction du dossier de M. A est valable jusqu'au 4 octobre 2024 et celui-ci peut donc se maintenir régulièrement sur le territoire français dans l'attente qu'il soit statué sur son dossier. Par ailleurs, si le requérant fait valoir qu'il ne peut poursuivre sa vie professionnelle faute de titre de séjour il n'établit pas, par les pièces qu'il produit, que cette absence de titre l'expose à se trouver dans une situation de précarité économique et financière. Enfin, pour anormale que soit la circonstance que le préfet du Val-d'Oise n'ait pas encore statué sur sa demande de titre de séjour, il est constant que sa demande présente un caractère récent, et alors que M. A établit avoir relancé la préfecture une seule fois au mois de juin 2024, laquelle est soumise à d'importants délais de traitement, M. A, qui ne peut être éloigné du territoire français avant que le préfet n'ait expressément statué sur sa demande, n'établit pas l'existence de circonstances de nature à caractériser une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le caractère utile des mesures demandées, qu'il convient de rejeter les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 code de justice administrative précité, sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Cergy, le 26 août 2024.
La juge des référés,
Signé
L. Fabas
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2411907