jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2412006 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BERBAGUI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi n° 2422060/8 du 19 août 2024, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête de
M. C B, enregistrée le 14 août 2024.
Par cette requête, des pièces complémentaires enregistrées le 29 août et 3 septembre 2024 et un mémoire enregistré le 2 septembre 2024, M. B, représenté par Me Berbagui, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 août 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a assigné à résidence dans le département du Val-d'Oise pour une durée maximale de 45 jours, renouvelable deux fois, en l'obligeant à se présenter tous les samedis entre 9 heures et 11 heures, y compris lorsqu'ils sont chômés ou fériés, au commissariat de police de Gonesse et lui a interdit de sortir du département du Val-d'Oise sans autorisation.
Il soutient que :
- la décision portant assignation à résidence est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'elle ne lui a pas été notifiée avec l'assistance d'un interprète ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public et n'a commis aucune infraction ;
- l'interdiction qui lui est faite de sortir du département du Val-d'Oise porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect à la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à son droit d'aller et venir ;
- l'obligation de se présenter au commissariat de police est insuffisamment motivée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 septembre 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Louvel, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Louvel, magistrat désigné ;
- les observations de Me Berbagui représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
Le préfet du Val-d'Oise n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B alias A D, ressortissant algérien né le 4 janvier 1995, a été interpelé le 7 août 2024 pour des faits de vol à l'étalage alors qu'il se maintenait en situation irrégulière sur le territoire français et qu'une obligation de quitter le territoire français sans délai lui avait été notifiée par le préfet du Val-d'Oise le 16 juin 2024. Par la présente requête, il demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 8 août 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a assigné à résidence dans le département du Val-d'Oise pour une durée maximale de 45 jours, renouvelable deux fois, en l'obligeant à se présenter tous les samedis entre 9 heures et 11 heures, y compris lorsqu'ils sont chômés ou fériés, au commissariat de police de Gonesse et lui a interdit de sortir du département du Val-d'Oise sans autorisation.
2. En premier lieu, M. B soutient que l'arrêté attaqué serait entaché d'un vice de procédure, dès lors qu'il ne lui a pas été notifié avec l'assistance d'un interprète en arabe ou dans une langue qu'il comprend. Toutefois, les conditions de notification d'une décision administrative n'affectent pas sa légalité et n'ont d'incidence que sur les voies et délais de recours contentieux. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. ".
4. En l'espèce, la décision attaquée mentionne l'ensemble des considérations de fait et de droit qui constituent son fondement et précise, en particulier, les modalités d'application de cette mesure, conformément aux dispositions rappelées au point précédent. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision contestée manque en fait et doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 730-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, dans les conditions prévues au présent titre, assigner à résidence l'étranger faisant l'objet d'une décision d'éloignement sans délai de départ volontaire ou pour laquelle le délai de départ volontaire imparti a expiré et qui ne peut quitter immédiatement le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 731-1 du même code : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".
6. Ainsi qu'il a été dit précédemment, M. B a fait l'objet d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français sans délai par un arrêté du préfet du Val-d'Oise du
16 juin 2024. Par suite, il est au nombre des étrangers qui peuvent être assignés à résidence sur le fondement du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort également des pièces du dossier que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet a entaché sa décision d'une inexacte application des dispositions précitées. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. La décision attaquée prévoit que le requérant, assigné à résidence dans le département du Val-d'Oise, doit se présenter au commissariat de police de Gonesse une fois par semaine les samedis entre 9 heures et 11 heures, y compris lorsqu'ils seront chômés ou fériés. Ainsi, le requérant conserve la possibilité de se déplacer librement, en dehors du temps consacré au respect de ces obligations, dans le périmètre déterminé, lequel s'étend à l'intégralité du département. L'intéressé, qui se borne à indiquer que sa situation personnelle et professionnelle ne lui permet ni de rester à son domicile ni de se présenter au commissariat de Gonesse et qu'il vit avec sa sœur et son beau-frère, ne fait état d'aucune contrainte pesant sur sa vie professionnelle ou familiale qui ferait obstacle au respect des obligations découlant de la mesure d'assignation à résidence prise à son encontre. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du
Val-d'Oise a porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale doit être écarté.
9. En cinquième lieu, si M. B soutient que l'arrêté contesté porte atteinte à sa liberté fondamentale d'aller et venir, il n'assortit pas son moyen des précisions nécessaires pour en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, si l'arrêté attaqué oblige M. B à se présenter tous les samedis au commissariat de police de Gonesse, eu égard à la situation de l'intéressé et aux buts en vue desquels cette mesure a été prise, les modalités de contrôle de son assignation à résidence ne portent pas une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir.
10. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'en prenant l'arrêté d'assignation en litige, le préfet a entaché son appréciation des conséquences de cet arrêté sur la situation personnelle de M. B d'une erreur manifeste.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
T. LouvelLa greffière,
Signé
O. El Moctar
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026