mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2412021 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CASTEJON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 août 2024, M. A B, représenté par Me Castejon, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 août 2024 par lequel le préfet du
Val-d'Oise a prononcé son transfert aux autorités italiennes.
Il doit être regardé comme soutenant que :
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 septembre 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et produit les pièces utiles au dossier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Louvel pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Louvel, magistrat désigné ;
- et les observations de Me Castejon représentant M. B qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens. Il précise, s'agissant des attaches dont dispose M. B en France que sa sœur est titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle et que son beau-frère bénéficie du statut de réfugié. Il indique, en outre, que M. B souffre d'une forme d'asthme sévère qui nécessite un suivi en France.
Le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant sri-lankais né le 12 juillet 1995, a présenté une demande d'asile en France le 30 mai 2024. Les autorités italiennes, saisies le 30 mai 2024, ont accepté, par une décision implicite du 31 juillet 2024 de prendre en charge M. B sur le fondement de l'article 13.1 du règlement UE n°604/2013. Par un arrêté du 13 août 2024, le préfet du Val-d'Oise a décidé le transfert de l'intéressé aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile. M. B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
3. Si M. B soutient qu'il subira des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour au Sri-Lanka en raison de ses précédentes activités politiques et qu'il ne pourra pas bénéficier d'un traitement contre son asthme sévère, la décision litigieuse n'a ni pour effet ni pour objet de reconduire le requérant vers son pays d'origine. Par suite, le moyen doit être écarté.
4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. En l'espèce, M. B soutient qu'il ne souhaite pas son transfert vers l'Italie dès lors qu'une partie de sa famille, à savoir sa sœur et son beau-frère, vivent en France. Toutefois, cette circonstance n'est pas de nature à démontrer des liens suffisamment intenses sur le territoire français, notamment au regard de son arrivée récente en France. Les allégations du requérant selon lesquelles il dispose d'attaches familiales sur le territoire français ne sont pas de nature à établir que la décision aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale normale. Par suite, le préfet du Val-d'Oise n'a pas méconnu les stipulations précitées en prenant l'arrêté attaqué. Le moyen doit être écarté.
6. Pour les mêmes motifs que ceux qui sont énoncés au point précédent, le préfet du Val-d'Oise n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Ce moyen doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Val-d'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
T. LouvelLa greffière,
signé
O. El Moctar La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026