Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412173
vendredi 23 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2412173 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 août 2024, Mme B A C, représentée par Me Dias Martins de Paiva, demande à la juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer dans un délai de sept jours une autorisation provisoire de séjour portant autorisation de travail ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 700 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que sa demande de titre de séjour est en cours d'instruction depuis plus d'un an, qu'elle est dépourvue d'autorisation de travail et ne peut bénéficier des droits sociaux, alors qu'il s'agit d'un besoin pour elle d'affirmer son intégration et de subvenir au besoin de son fils, et que l'obtention d'un titre de séjour en tant que conjointe d'un citoyen membre de l'union européenne soit de plein droit ;
- le préfet du Val-d'Oise la maintient dans une situation de précarité et porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au travail, ainsi qu'à sa liberté d'aller et venir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Edert, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissante de nationalité brésilienne née le 15 août 1991, est entrée sur le territoire français le 25 octobre 2016 et, selon ses déclarations, y réside de manière continue depuis lors. Elle a épousé le 11 mars 2023 M. D C, citoyen portugais, avec lequel elle a eu un enfant né le 16 mai 2023. Après une première demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée le 22 avril 2022, Mme A C a déposé une demande de titre de séjour en tant que membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne le
12 août 2023, demande pour laquelle elle dispose d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 13 novembre 2024 ne permettant l'exercice d'une activité professionnelle ou l'ouverture de droits sociaux. Par la présente requête, Mme A C demande à la juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer dans un délai de sept jours une autorisation provisoire de séjour portant autorisation de travail.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire. Enfin, à la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l'article L. 521-2 du même code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.
4. En se bornant à faire valoir qu'elle est toujours dépourvue d'autorisation de travail ou de l'opportunité de bénéficier des droits sociaux plus d'un an après le dépôt de sa demande de titre de séjour, alors qu'elle s'est maintenue irrégulièrement sur le territoire français de nombreuses années après son arrivée en 2016, qu'elle a fait l'objet d'une demande de pièces complémentaires en dernier lieu le 11 juillet 2024 et qu'elle dispose actuellement d'une attestation de prolongation d'instruction lui permettant de séjourner régulièrement en France entre le 14 août et le 11 novembre 2024, attestation dont elle ne soutient ni même n'établit avoir sollicité la modification en ce sens, Mme A C n'établit pas remplir la condition d'extrême urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rendant nécessaire le prononcé d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de Mme A C en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre des frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A C.
Fait à Cergy, le 23 août 2024.
La juge des référés,
signé
S. Edert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N° 2411919