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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2412195

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412195

lundi 16 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2412195
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSEBAN ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 août 2024, M. D C, représentant unique, et Mme B A demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ;

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le président de l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest a rejeté la demande de modification du projet d'aménagement de la rue Marcheron à Vanves (92170), jusqu'à ce que soient prévus les aménagements nécessaires à la réalisation d'un itinéraire cyclable conformément aux prescriptions de l'article L. 228-2 du code de l'environnement, prenant la forme d'une piste, d'une bande cyclable, de voies vertes ou d'une voie de rencontre ;

2°) d'enjoindre au président de l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest d'ordonner la suspension des travaux et de prendre, dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement, une nouvelle décision sur la demande de mise en conformité du projet d'aménagement aux prescriptions de l'article L. 228-2 du code de l'environnement.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que les travaux ne sont pas achevés, que ceux prévus durant la deuxième semaine du mois de septembre présentent un caractère définitif et rendent impossible tout aménagement ultérieur conforme aux prescriptions de l'article L.228-2 du code de l'environnement ;

- il existe un moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors qu'elle méconnait les dispositions de l'article L. 228-2 du code de l'environnement, en ce qu'aucun aménagement au profit des cyclistes n'est prévu, en contradiction avec le " plan vélo territorial 2021-2025 " établi par l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest, et en ce que le projet de réaménagement de la rue prévoit un dévoiement des flux cyclistes vers d'autres rues, sans aménagements cyclables adaptés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2024, l'Etablissement public territorial Grand Paris Seine Ouest (GPSO), représenté par Me Lherminier, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 3000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

L'établissement public territorial soutient que :

- La requête au fond est irrecevable pour cause de tardiveté, dès lors que le référé-suspension n'est pas assorti d'une requête en annulation ou en réformation et dans la mesure où leur autorisation de plaider ;

- La requête est dépourvue d'urgence ;

-Il n'existe aucun doute sérieux sur la légalité de la décision de réaménager la rue Marcheron.

Par un mémoire, enregistré le 13 septembre 2024, la commune de Vanves, représentée par son maire en exercice, demande au juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise de prendre acte de la demande de modification du statut de la Ville de Vanves dans le cadre du recours n° 2412195 portant requête en référé-suspension à l'encontre de la décision implicite du Président de l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest portant rejet de la demande de modifier le projet d'aménagement de la rue Marcheron à Vanves pour le rendre conforme à l'article L.228-2 du code de l'Environnement et d'attribuer à la Ville de Vanves le statut d' " observateur " dans le cadre de ce recours.

Vu :

- les autres pièces des dossiers ;

- la requête n° 2409294, enregistrée le 20 juin 2024, par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 16 septembre 2024 à

10 heures.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière d'audience :

- le rapport de M. Lamy, juge des référés ;

- et les observations de Me Lafitte et Me Dunk, substituant Me Lherminier, représentant l'établissement public territorial du Grand Paris Seine Ouest ;

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin de suspension de la décision attaquée :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.

3. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le président de l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest a rejeté leur demande de modification du projet d'aménagement de la rue Marcheron à Vanves, les requérants invoquent l'imminence du démarrage des travaux d'aménagement de la voie. Toutefois, alors qu'il ressort qu'une délibération du 22 juin 2002 a adopté le plan vélo territorial 2021-2025 de l'établissement public territorial dont il s'agit et autorisé son exécutif à engager les actions identifiées dans ce plan, il est établi par les pièces du dossier, notamment le recours gracieux des requérants en date du 10 novembre 2023, que ceux-ci avaient connaissance du projet dont ils ont demandé vainement la modification dès mai 2023. Au surplus, il n'est pas contesté par les requérants qu'ils aient contesté devant le juge administratif le marché public de travaux passé le 14 août 2024 pour la mise en œuvre du projet d'aménagement en litige. Dans ces conditions, eu égard à la date à laquelle le projet a été arrêté et à la parfaite connaissance que les requérants avaient de ce même projet à la même date, soit en mai 2023, ces derniers ne sauraient être regardés comme justifiant d'une urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administratif. Il suit de là, sans qu'il y ait besoin de statuer sur les fins de non-recevoir présentées en défense, que leur requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : la requête de M. C et Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C, à l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest.

Copies-en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine et à la commune de Vanves.

Fait à Cergy, le 16 septembre 2024.

Le juge des référés,

signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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