Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412206
lundi 2 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2412206 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 août 2024, M. B, représenté par Me Alagapin-Graillot, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une réponse suite au dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour et, dans l'attente, de le mettre en possession d'un récépissé de titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
Sur l'urgence :
- l'urgence est établie dès lors que son employeur exige la régularisation de sa situation ;
- son état de santé nécessite un traitement régulier incompatible avec un retour en Egypte ;
Sur l'utilité de la mesure :
- les délais de traitement des demandes sont déraisonnables ;
Sur l'absence d'obstacle à une décision administrative :
- aucune décision n'est sollicitée, seulement une réponse à sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ou la délivrance d'un récépissé.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Charlery, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant égyptien né le 22 septembre 1991, déclare être entré en France le 15 mars 2013, via l'Italie. Après de multiples tentatives de régularisation de sa situation depuis 2014, auxquelles l'administration a systématiquement opposé des réponses de refus, M. B a déposé, le 15 novembre 2023, sur la plateforme dématérialisée de la préfecture des Hauts-de-Seine un dossier de demande d'admission exceptionnelle au séjour. Sans réponse de l'administration, malgré une relance par courriel de son conseil adressé sur la plateforme " pref-rdv-aes@hauts-de-seine.gouv.fr " le 13 août 2024, M. B demande à la juge des référés, par la présente requête, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui apporter une réponse ou de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Et, en vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut rejeter une requête par une ordonnance motivée, sans instruction contradictoire ni audience publique, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y étudier, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que, si l'étranger établit qu'il n'a pu obtenir une date de rendez-vous, malgré plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
4. Pour justifier de ce que la condition d'urgence est remplie, M. B se borne à alléguer que son employeur exige la régularisation de sa situation sans assortir cette affirmation d'aucune pièce de nature à en attester de la matérialité. Au demeurant, le requérant ne produit même pas le contrat de travail à durée indéterminée en qualité de peintre au sein de la société 2MA qu'il indique avoir signé en 2022. Par ailleurs, s'il indique avoir tenté vainement de régulariser sa situation à de multiples reprises en se voyant systématiquement opposer des refus de l'administration, il n'en justifie pas davantage et ne produit que l'attestation de dépôt, le 15 novembre 2023, d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour et une unique relance le 13 août 2024. Enfin, la circonstance que son état de santé nécessiterait un traitement incompatible avec un retour en Egypte n'est pas de nature à justifier de l'existence d'une situation d'urgence. Dans ces conditions, M. B n'établit pas l'existence d'une urgence particulière nécessitant la délivrance d'un rendez-vous à bref délai et impliquant que sa demande de titre de séjour, qui a le caractère d'une première demande et non d'un renouvellement, soit examinée prioritairement par rapport à celle d'autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le caractère utile de la mesure demandée, qu'il convient de rejeter les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative de la requête de M. B, sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative précité. Par voie de conséquence, il convient également de rejeter les conclusions tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Cergy, le 2 septembre 2024.
La juge des référés,
signé
C. Charlery
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2412206