Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412298
vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2412298 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 août 2024, M. B A, représenté par Me Rosin, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de compléter les mesures ordonnées dans l'article 3 de l'ordonnance n° 2409421 en date du 17 juillet 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise par une nouvelle injonction tendant à la délivrance, dans un délai de vingt-quatre heures, d'un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler valable jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond ou jusqu'à l'issue du réexamen de sa situation, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros hors taxes à verser à Me Rosin au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, et prévoir qu'à défaut d'admission définitive à l'aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée directement.
M. A soutient que l'administration était tenue de lui remettre une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, sans délai et de prendre une nouvelle décision expresse sur son droit au séjour, selon les termes de l'article 3 de l'ordonnance n° 2409421 du 17 juillet 2024 et qu'à ce jour aucun début d'exécution de cette ordonnance n'est intervenu.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu :
- l'ordonnance n° 2409421 rendue le 17 juillet 2024 par le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-collin, vice-présidente, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 9 septembre 2024 à
13 heures 30.
Le rapport de Mme Lepetit-collin, juge des référés, a été entendu, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Soulier, greffière d'audience, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance n° 2409421 en date du 17 juillet 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a suspendu l'exécution de la décision du 11 juin 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé la délivrance d'un titre de séjour à M. A jusqu'à ce qu'il soit statué sur le recours au fond dirigé contre ce refus de titre de séjour, a enjoint au préfet de procéder au réexamen de la demande de M. A dans un délai deux mois à compter de la notification de cette ordonnance et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Par la présente requête, M. A saisit le juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, et lui demande de compléter les mesures ordonnées dans l'ordonnance n° 2409421 en date du 17 juillet 2024 par une nouvelle injonction tendant à la délivrance, dans un délai de vingt-quatre heures, d'un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler et valable jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa requête au fond ou jusqu'à l'issue du réexamen de sa situation, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de prononcer l'admission de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions au titre des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ".
4. D'une part, les décisions du juge des référés statuant en application de l'article
L. 521-1 du code de justice administrative sont, conformément au principe rappelé à l'article
L. 11 du code de justice administrative, exécutoires en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice.
5. D'autre part, si l'exécution d'une ordonnance prise sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative peut être recherchée dans les conditions définies par l'article L. 911-4 dudit code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code précité, de compléter ou de modifier la décision demeurée sans effet. L'inexécution d'une décision juridictionnelle présente le caractère d'un " élément nouveau " au sens des dispositions de ce dernier article.
6. Il n'est pas contesté par le préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a pas produit de mémoire en défense et n'était ni présent, ni représenté à l'audience publique du 9 septembre 2024, que, depuis la notification de l'ordonnance susvisée du 17 juillet 2024, aucune autorisation provisoire de séjour n'a été délivrée à M. A. Le préfet n'a donc pas exécuté l'injonction prononcée par le juge des référés. Cette inexécution est constitutive d'un élément nouveau au sens des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative et justifie que soit modifié le dispositif de l'ordonnance du 17 juillet 2024. Par suite, il y a lieu de modifier la mesure prononcée à l'article 3 cette ordonnance en assortissant l'injonction faite au préfet des Hauts-de-Seine de remettre à M. A une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, d'un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance et de renouveler, le cas échéant, cette autorisation jusqu'à la nouvelle décision prise par l'administration sur la situation de M. A. Dans les circonstances de l'espèce, il y a également lieu d'assortir cette injonction prononcée par l'ordonnance n°2409421 d'une astreinte de 30 euros par jour de retard, faute d'exécution dans le délai imparti.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle et les frais liés à l'instance :
7. M. A ayant été admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Rosin de la somme de 1 000 euros dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle. En cas de non admission de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre définitif, cette somme lui sera versée.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'injonction prévue à l'article 3 de l'ordonnance n° 2409421 en date du 17 juillet 2024, faisant obligation au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à M. A une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler est assortie d'un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance et d'une astreinte de 30 euros par jour de retard à l'issue de ce délai de huit jours. Cette autorisation provisoire de séjour sera renouvelée jusqu'à l'intervention de la nouvelle décision prise par l'administration sur la situation de M. A.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et que Me Rosin renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, ce dernier versera à Me Rosin une somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Pour le cas où M. A ne serait pas admis définitivement au bénéfice de l'aide juridictionnelle, la même somme lui sera versée personnellement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Rosin et au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 13 septembre 2024.
La juge des référés,
Signé
H. Lepetit-collin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.