vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2412356 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 août 2024 et le 9 septembre 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner, à titre principal, la suspension de l'exécution de la décision d'opposition du 27 avril 2024 par laquelle un des adjoints au Maire de la commune de Boulogne Billancourt (92100) s'est opposé à la déclaration préalable déposée le 7 mars 2024 relative à la construction d'une station relais de téléphonie mobile sur un terrain 8 rue Maître Jacques ;
2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au maire de la commune de Boulogne Billancourt, à titre principal, de lui délivrer une décision de non-opposition dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réinstruire sa déclaration préalable en prenant une décision dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Boulogne-Billancourt la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors, d'une part, qu'il existe un intérêt public à ce que le territoire communal soit couvert par les réseaux de téléphonie mobile 3G, 4G et 5G, le territoire de la commune de Boulogne Billancourt n'étant à cet égard que partiellement couvert par le réseau Free Mobile ; en outre, elle a pris des engagements envers l'Etat en termes de couverture, de délai de réalisation et de qualité de service ; elle se trouve de ce fait dans l'obligation de mettre en œuvre une gestion prévisionnelle à court ou très moyen terme de l'implantation de ses équipements, s'agissant notamment des réseaux 4 G, THD et 5 G ;
- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* Elle a été prise par une autorité incompétente ;
* Elle méconnait les dispositions combinées des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'au regard des dispositions de l'article R. 424-10 du code de l'urbanisme, cette décision doit s'analyser comme une décision de retrait, et que ce retrait est intervenu alors qu'elle était titulaire d'une décision tacite de non opposition ;
* Elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle se fonde, à tort, sur les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
* Elle est entachée d'une erreur d'appréciation en considérant, à tort, que le projet portait atteinte à son milieu environnant ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2024, la commune de Boulogne-Billancourt, représenté par Me Lherminier, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis 3000 euros à la charge de la société Free Mobile au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La ville soutient que la requête de la société Free Mobile est dépourvue d'urgence et qu'aucun des moyens soulevés est de nature à créer un doute sur la légalité de la décision attaquée, précision étant faite qu'à titre subsidiaire elle demande, s'agissant de l'erreur de droit invoqué par la société Free Mobile, une substitution de motif.
Vu :
- les autres pièces des dossiers ;
- la requête n° 2410108, enregistrée le 24 août 2024, par laquelle la SAS Free Mobile demande l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 9 septembre 2024 à
10 heures.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffière d'audience :
- le rapport de M. Lamy, juge des référés ;
- les observations de Me Mirabel, substituant Me Martin, représentant la SAS Free Mobile ;
- et les observations de Me Roulette, substituant Me Lherminier, représentant la commune de Boulogne Billancourt.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (SAS) Free Mobile a déposé, le 7 mars 2024, une déclaration préalable portant sur l'installation de quatre antennes de radiotéléphonie mobile sur un terrain situé 8 rue Maître Jacques à Boulogne Billancourt (92100), sur une parcelle cadastrée section O sous le n° 105. Par une décision en date du 27 avril 2024, un adjoint au maire de la commune de Boulogne Billancourt s'est opposé à la déclaration préalable. Par la présente requête, la SAS Free Mobile demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne la condition tenant à l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.
4. En l'espèce, eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par les réseaux de téléphonie mobile et aux intérêts propres de la société Free Mobile, qui a pris des engagements vis-à-vis de l'État quant à cette couverture du territoire par ses réseaux de téléphonie mobile de troisième génération (3 G), de quatrième génération (4 G) et de cinquième génération (5 G), ainsi qu'à la circonstance, que la société requérante établit par la production des cartes de couverture réseau sur la commune, que la partie du territoire de la commune de Boulogne-Billancourt sur laquelle la station relais doit être implantée n'est pas couverte par les réseaux de la société Free Mobile, la condition d'urgence posée par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
5. En l'état de l'instruction, les moyens de la requête tirés de la méconnaissance, d'une part, des dispositions combinées des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration imposant la mise en œuvre d'une procédure contradictoire préalable en matière de retrait d'une autorisation tacite de travaux, d'autre part, de l'existence d'une erreur d'appréciation en considérant, à tort, que le projet portait atteinte à son milieu environnant sont de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
6. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision et de l'arrêté contestés.
7. Il résulte de ce qui vient d'être dit qu'il y a lieu en conséquence de suspendre l'exécution de la décision d'opposition litigieuse du 27 avril 2024 et d'enjoindre à la commune de Boulogne-Billancourt de délivrer à titre provisoire une décision de non-opposition dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir. Il n'y a pas lieu en revanche d'assortir cette injonction d'une astreinte de 500 euros par jour de retard.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de la société Free Mobile, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par la commune de Gonesse doivent, par suite, être rejetées.
9. Il y a lieu en revanche de mettre à la charge de la commune de Boulogne-Billancourt une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision d'opposition du 27 avril 2024 de la commune de Boulogne-Billancourt (92100) portant opposition à la déclaration préalable déposée le 7 mars 2024 relative à la construction d'une station relais de téléphonie mobile sur un terrain 8 rue Maître Jacques est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Boulogne-Billancourt de délivrer à titre provisoire une décision de non-opposition à la SAS Free Mobile dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : La commune de Boulogne-Billancourt versera une somme de 1500 euros à la SAS Free Mobile au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de la SAS Free Mobile est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Boulogne-Billancourt au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Free Mobile et à la commune de Boulogne Billancourt.
Fait à Cergy, le 13 septembre 2024.
Le juge des référés,
signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026