Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412390
lundi 16 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2412390 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et une pièce complémentaire, enregistrés le 29 août 2024 et le 16 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me De Sa-Pallix, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) de modifier les mesures ordonnées dans l'ordonnance n° 2409802, en date du 29 juillet 2024, par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, plus précisément son article 2, par une nouvelle injonction tendant à la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dès la notification de la présente ordonnance dans un délai de 48 heures sous astreinte de 500 euros par jour de retard pendant 7 jours, puis à compter de ce délai sous astreinte de 1000 euros pas jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme forfaitaire de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que l'administration était tenue de lui remettre une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, sans délai et de prendre une nouvelle décision expresse sur son droit au séjour, selon les termes de l'article 2 de l'ordonnance n° 2409802 du 29 juillet 2024.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu :
- l'ordonnance n° 2409802 rendue le 29 juillet 2024 par le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M Lamy, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 16 septembre 2024 à
10 heures.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de
Mme Soulier, greffière d'audience :
- le rapport de M Lamy, juge des référés ;
- et les observations de Me De Sa-Pallix pour Mme B ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance n° 2409802 du 29 juillet 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a suspendu l'exécution de la décision du 28 mai 2024 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté la demande de renouvellement de carte de résident de Mme B, ordonné son expulsion du territoire français et fixé le pays de destination jusqu'à ce qu'il soit statuer au fond et lui a enjoint de délivrer à Mme B une autorisation provisoire de séjour dès la notification de l'ordonnance précitée. Par la présente requête, Mme B saisit le juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, et lui demande de modifier les mesures ordonnées dans l'ordonnance n° 2409802 en date du 29 juillet 2024 par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise par une nouvelle injonction tendant à la délivrance, dans un délai de 48 heures, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 500 euros par jour de retard pendant 7 jours, puis à compter de ce délai sous astreinte de 1000 euros par jour de retard.
Sur les conclusions au titre des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ".
3. D'une part, les décisions du juge des référés statuant en application de l'article
L. 521-1 du code de justice administrative sont, conformément au principe rappelé à l'article
L. 11 du code de justice administrative, exécutoires en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice.
4. D'autre part, si l'exécution d'une ordonnance prise sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative peut être recherchée dans les conditions définies par l'article L. 911-4 dudit code, l'existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu'une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code précité, de compléter ou de modifier la décision demeurée sans effet. L'inexécution d'une décision juridictionnelle présente le caractère d'un " élément nouveau " au sens des dispositions de ce dernier article.
5. Il n'est pas contesté par le préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a pas produit d'observations que, depuis la notification de l'ordonnance précitée du 29 juillet 2024, il n'a pas procédé à la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail. Le préfet n'a donc pas exécuté l'injonction prononcée par le juge des référés. Cette inexécution est constitutive d'un élément nouveau au sens des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, l'exécution de l'ordonnance susvisée implique qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder à la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, dans un délai de 48h à compter de la notification de la présente ordonnance et d'assortir cette injonction modifiée d'une astreinte de 500 par jour de retard. Il n'y a pas lieu de faire droit au surplus des conclusions de la requête.
Sur les frais liés au litige :
6.Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, une somme de 1500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'injonction prévue à l'article 2 de l'ordonnance n° 2409802 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, en date du 29 juillet 2024, faisant obligation au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à Mme B une autorisation provisoire de séjour dès la notification de la présente ordonnance est complétée de la manière suivante : il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de procéder à la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de 48h à compter de la notification de la présente ordonnance n° 2412390, sous astreinte de 500 par jour de retard.
Article 2 : L'Etat versera à Mme B une somme de 1500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C, à De Sa-Pallix et au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer.
Copie-en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 16 septembre 2024.
Le juge des référés,
signé
E. Lamy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0