Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412394

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2412394
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduite à la frontière

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B A, ressortissant égyptien, qui contestait l'arrêté du préfet du Val-d'Oise ordonnant son transfert aux autorités hongroises, responsables de sa demande d'asile. Le tribunal a jugé que la simple volonté du requérant de rester en France ne constitue pas un droit au choix de l'État membre responsable, et que le préfet n'a pas méconnu l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 en refusant d'exercer la clause discrétionnaire. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation, confirmant ainsi la mesure de transfert vers la Hongrie.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 août 2024, M. B A doit être regardé demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 21 août 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a prononcé son transfert aux autorités hongroises, responsables de l'examen de sa demande d'asile.

Il doit être regardé comme soutenant qu'il souhaite rester en France.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et communique les pièces constitutives du dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ouillon, vice-président, en application des articles L. 572-4 et L. 921-1 et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Ouillon, magistrat désigné.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant égyptien né le 17 octobre 1984, a présenté une demande d'asile en France le 15 juillet 2024. La consultation du fichier " Visabio " a révélé qu'il était alors en possession d'un visa en cours de validité délivré par les autorités hongroises. Une demande de reprise en charge a, par conséquent, été adressée à ces autorités le 16 juillet 2024, en application de l'article 12.2 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013, explicitement acceptée le 16 juillet 2024. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 21 août 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a ordonné son transfert aux autorités hongroises, responsables de l'examen de sa demande d'asile.

2. Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement / / L'Etat membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'Etat membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () ". La faculté laissée par ces dispositions à chaque Etat membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile. Cette possibilité, qui s'exerce sous le contrôle du juge, lui est ouverte même en l'absence de raisons sérieuses de croire à l'existence de défaillances systémiques dans l'État membre responsable de l'examen de la demande d'asile, ainsi que cela résulte de l'arrêt C-578/16 PPU de la Cour de justice de l'Union européenne du 16 février 2017.

3. Le requérant soutient qu'il souhaite rester en France. Toutefois, le règlement du 26 juin 2013 qui a pour objet de garantir aux ressortissants étrangers un examen circonstancié de leur demande d'asile, ne leur permet pas de choisir, parmi les États membres, celui qui sera responsable de cet examen. Au surplus, il n'établit pas ni même n'allègue qu'il existerait en Hongrie des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile. Par suite, le préfet du Val-d'Oise n'a pas méconnu l'article 17 du règlement n°604/2013 en ne faisant pas usage de la clause discrétionnaire qu'il prévoit. Le moyen doit ainsi être écarté.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du

Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

S. OuillonLa greffière,

signé

M. C

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui les concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.