Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412508

mercredi 11 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2412508
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme A qui demandait la suspension des décisions d’affectation de sa fille au collège Alfred de Vigny. La requérante invoquait l’urgence liée à la rentrée scolaire, à des frais périscolaires et à la séparation d’avec sa sœur, ainsi qu’un doute sérieux sur la légalité des décisions. Le juge a estimé que ces circonstances ne caractérisaient pas une urgence au sens de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’enfant n’étant pas privée d’affectation et l’établissement n’étant pas situé dans une autre commune. La requête a été rejetée sans examen du fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2024, Mme D A, représenté par Me Clerc, demande au juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1) De suspendre les décisions du 4 juin 2024 et du 1er juillet 2024 prise à l'encontre de Madame B C, sa fille, et prononçant son affectation au collège Alfred de Vigny ;

2) D'enjoindre au rectorat des Hauts-de-Seine de procéder à son affectation au collège Les Bruyères ou à défaut au réexamen de sa situation ;

3) De mettre à la charge de l'Etat une somme de 2800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

La condition d'urgence est remplie, dès lors que la rentrée doit se faire à bref délai, que la décision génère des frais périscolaires, oblige sa fille à abandonner une option " Allemand " et la plonge dans un profond stress en raison de sa séparation d'avec sa sœur aînée et ses camarades ;

Il y existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, dès lors que la décision attaquée, ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux, lequel n'est pas signé, ne visent pas les dispositions règlementaires et les circulaires académiques qui permettraient de s'assurer du respect des critères préétablis ou du nombre prédéfini de places pour l'année 2024/2025 au sein du collège Les Bruyères, sa situation personnelle n'a pas fait l'objet d'un examen sérieux, que la décision est entachée d'une erreur de droit.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

- la requête n° 2411167 par laquelle Mme A demandent l'annulation de la décision contestée.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal, a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. A l'appui de sa requête, Mme A indique se trouver dans une situation d'urgence dès lors que la rentrée scolaire doit se faire à bref délai, que la décision génère des frais périscolaires, oblige sa fille à abandonner une option " Allemand " et la plonge dans un profond stress en raison de sa séparation d'avec sa sœur aînée et ses camarades. Alors qu'en tout état de cause la décision attaquée n'a pas pour objet d'affecter sa fille dans un établissement située dans une autre commune que celle où vivent respectivement ses deux parents, et alors qu'au surplus l'enfant ne se retrouve pas sans collège d'affectation, ces circonstances ne sauraient être regardées comme justifiant d'une urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Il suit de là qu'il y a lieu de rejeter sa requête dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A.

Copie est adressée au directeur académique des services de l'éducation nationale des Hauts-de-Seine.

Fait, à Cergy, le 11 septembre 2024.

Le juge des référés,

signé

E Lamy

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0