Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412558

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2412558
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) de retirer du registre national des entreprises la mention d’interdiction de gérer concernant M. B pour la société Anderson RH. Le juge a constaté que cette mention était inexacte et caduque, et que l’urgence était caractérisée par la carence de l’INPI face aux demandes de l’intéressé. La solution retenue repose sur l’absence de contestation sérieuse et l’utilité de la mesure, sans faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative. L’INPI a également été condamné à verser 700 euros à M. B au titre des frais irrépétibles.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Fache, demande au juge des référés, saisi en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre l'institut national de la propriété industrielle (INPI) de lui retirer la mention d'interdiction de gérer de la société Anderson RH au registre national des entreprises, à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 60 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'INPI la somme de 700 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient que :

- les conditions d'urgence et d'utilité sont remplies, dès lors que la mention est entachée d'erreurs de droit en ce qu'il n'a jamais fait l'objet d'une interdiction de gérer la société ANDERSON RH, il ne fait l'objet d'aucune interdiction de gérer, le jugement prononcé le 6 juillet 2021 sur l'interdiction de gérer pour d'autres sociétés est assortie d'une durée de trois ans ; qu'en outre, l'INPI n'a fourni aucune réponse, malgré ses demandes et celles du tribunal de commerce et que cette interdiction l'empêche de pouvoir bénéficier de financement ou d'engager un expert-comptable ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

La requête a été communiquée à l'Institut national de la propriété industrielle qui n'a pas présenté d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lamy, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'Institut national de la propriété industrielle de lui retirer la mention d'interdiction de gérer de la société Anderson RH au registre national des entreprises.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

3. Le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prononcer toute mesure à l'égard de l'administration à condition que l'urgence le justifie, qu'elle soit utile, qu'elle ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

4. Alors que le requérant fait valoir, sans être contesté, qu'il tente en vain de faire retirer la mention inscrite sur le registre des entreprises de l'INPI selon laquelle un jugement du tribunal de commerce de Paris en date du 6 juillet 2021 a prononcé l'interdiction prévue à l'article l.653-8 du code de commerce à l'encontre de M. A B pour une durée de 3 ans sous le numéro P201801622, laquelle est non seulement inexacte en ce qu'elle ne mentionne pas qu'il n'est pas interdit de gérer la société Anderson RH mais également et en tout état de cause caduque, il y a lieu, eu égard à l'urgence de la situation que génère la carence de l'INPI, de faire droit à la demande de M. B tendant à ce qu'il soit fait, en l'absence d'obstacle à l'exécution d'une décision administrative, injonction à l'Institut susmentionné de retirer la mention d'interdiction de gérer de la société Anderson RH au registre national des entreprises, à compter de la notification de la décision à intervenir. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais irrépétibles :

5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'INPI une somme de 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est fait injonction à l'Institut National de la propriété industrielle de retirer la mention d'interdiction de gérer concernant M. B de la société Anderson RH au registre national des entreprises, à compter de la notification de la décision à intervenir.

Article 2 : L'Institut National de la propriété industrielle versera à M. B une somme de 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus de conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à l'institut national de la propriété intellectuelle.

Fait, à Cergy, le 30 septembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

E. Lamy

La République mande et ordonne au ministre de l'économie des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2412558