Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412585
mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2412585 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 septembre 2024, M. B A demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision par laquelle le recteur de l'académie de Versailles a implicitement refusé d'inscrire son fils, M. C D A, dans un établissement scolaire relevant de l'académie ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Versailles et au directeur des services départementaux de l'éducation nationale des Hauts-de-Seine de réexaminer le dossier de son fils pour l'inscrire en classe de seconde professionnelle " métiers des transitions numérique et énergétique ".
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision contestée affecte le droit de son fils de bénéficier d'une scolarisation pourtant obligatoire ;
- la décision refusant une affectation à son fils porte à ce dernier une atteinte grave et manifestement illégale à son droit fondamental de bénéficier d'un égal accès à l'instruction, dès lors qu'il n'a que 14 ans et justifie résider régulièrement sur le territoire français.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Richard, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence particulière qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cette disposition soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise à très bref délai.
3. Il résulte de l'instruction que l'enfant mineur de M. A a formulé des vœux, par la procédure Affelnet, pour être inscrit dans une classe de seconde professionnelle " métiers des transitions numérique et énergétique " dans un établissement du département des Hauts-de-Seine, qui ont tous été refusés. M. A, qui soutient que son fils ne bénéficie d'aucune inscription scolaire, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au recteur de l'académie de Versailles de l'inscrire dans la classe de seconde sollicitée.
4. Il résulte de l'instruction que, par un courriel du 27 août 2024, M. A a été informé qu'il pourra présenter de nouveaux vœux d'inscription au bénéfice de son fils à compter du 4 ou du 5 septembre 2024. Dans ces conditions, M. A ne justifie pas de l'existence d'une urgence telle qu'elle appellerait une réponse immédiate du juge des référés. Par suite, la condition d'urgence particulière exigée par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Cergy, le 10 septembre 2024
La juge des référés
signé
A. Richard
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.