Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412673
mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2412673 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 septembre 2024, M. B représenté par Me Mousalem demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer dans un délai de quinze jours une date de rendez-vous afin qu'il puisse déposer sa demande de carte de séjour salarié et procéder sans délai à son instruction, de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour, et enfin d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est manifestement acquise au vu de la nature du titre de séjour sollicité. Le bon fonctionnement du service public, commande qu'il soit donné droit à sa demande. L'Administration ne peut se soustraire à ses obligations et ignorer l'urgence de la demande sous prétexte que la plateforme électronique est saturé.
- la mesure présente un caractère utile dès lors qu'il produit de nombreuses captures d''écran soulignant l'impossibilité technique de réserver un créneau horaire pour sa demande de titre de séjour ;
- la demande ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Par des pièces complémentaires, reçu le 10 septembre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au non-lieu à statuer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gabarda, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En outre, en raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
4. Il résulte de l'instruction que M. B de nationalité libanaise disposant d'un visa long séjour ayant expiré le 22 août 2024 produit de nombreuses captures d'écran justifiant durant la période comprise entre juillet et août 2024 de l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous à l'effet de déposer sa demande de titre de séjour salarié. Toutefois, il ressort des pièces produites à l'instance à l'appui du recours et en particulier d'un courrier du bureau des étrangers de la sous-préfecture d'Anthony en date du 10 septembre 2024 précisant que sa demande de rendez-vous a bien été enregistrée que M. B est convoqué le 25 septembre 2024 à la sous-préfecture d'Anthony afin de déposer sa demande de titre de séjour muni des pièces requises. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que M. B aurait été dans l'impossibilité de procéder en ligne aux formalités préalables au dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. Ainsi, la demande d'injonction sollicitée ne présente pas un caractère d'utilité au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Si le requérant sollicite également par voie d'injonction la délivrance d'un récépissé valant droit au séjour, il n'établit pas cependant avoir déposé un dossier de demande de titre de séjour présentant un caractère complet de nature ainsi à justifier la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour durant le temps d'instruction de sa demande.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et au titre des frais de justice doivent être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 9 octobre 2024.
Le juge des référés
signé
O. Gabarda
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.