Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2412883
jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2412883 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Marmin, demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite du 3 juillet 2024 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé de renouveler son certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de procéder au réexamen de sa situation et de prendre une décision dans le délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer, durant ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que lui a été opposé un refus de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ce qui le place en situation irrégulière ; qu'en outre, sa situation administrative étant précaire, son employeur menace de mettre un terme à son contrat ;
- il existe des moyens de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est entachée d'un défaut de motivation ;
* elle méconnaît les articles 6-2 et 7 bis de l'accord franco-algérien ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 septembre 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il fait valoir que la demande de titre de séjour de M. A est en cours d'instruction et que lui a été délivrée, le 12 juillet 2024, une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 11 octobre 2024.
Vu :
- la requête n°2412928, enregistrée le 8 septembre 2024, par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Buisson, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 25 septembre 2024 à 14 heures.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Bouayyadi, greffière d'audience :
- le rapport de M. Buisson, juge des référés ;
- les observations de Me Amellou substituant Me Marmin, représentant M. A ;
- le préfet du Val-d'Oise n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant algérien né le 27 mars 1987, a été mis en possession d'un certificat de résidence algérien valable du 13 février 2023 au 12 février 2024. Le 15 décembre 2023, il a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour. L'administration ayant gardé le silence sur sa demande pendant plus de quatre mois, une décision implicite de rejet de sa demande est née. Par un courrier du 3 juillet 2024 resté sans réponse et réceptionné le 8 juillet 2024, M. A a adressé à la sous-préfecture d'Argenteuil une demande de communication des motifs du rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé de renouveler son certificat de résidence algérien.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision. ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour ou d'un retrait de celui-ci.
4. A l'appui de sa requête, M. A se prévaut d'une présomption d'urgence au motif que la décision attaquée constitue un refus de renouvellement de son titre de séjour et qu'il se retrouve, dès lors, en situation irrégulière. En outre, il fait valoir que sa situation administrative étant précaire, son employeur menace de mettre un terme à son contrat de travail. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. A s'est vu délivrer, le 12 juillet 2024, une attestation de prolongation d'instruction, valable jusqu'au 11 octobre 2024, le plaçant en situation régulière à la date de la présente ordonnance. Par suite, la condition d'urgence prévue par les dispositions précitées ne peut être regardée, en l'espèce, comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions tendant au prononcé d'une injonction et celles présentées au titre des dispositions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 26 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
L. Buisson
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.